L’exquis cadavre exquis, épisode 2

L’exquis cadavre exquis, épisode 2

Elle s’appelle Camille, a la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour échapper à l’Assassin qui la traque.

L’épisode 1 Ici

L’exquis cadavre exquis

épisode 2

by Lou Vernet

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L’exquis cadavre exquis, épisode 2

Max

By Lou Vernet

A l’intérieur, glissée comme une menace, une branche de gui séchée. Inoffensive en l’état, il en fallait un peu plus pour lui déclencher une crise, le message subliminal n’en était pas moins clair. Le gui est une plante saprophyte. Un parasite qui croît en puisant sa nourriture dans les tissus de l’arbre hôte. Tout un symbole pour dénoncer sa vocation journalistique et l’insulte préférée de ses détracteurs. Surtout depuis un an. Depuis qu’elle avait écrit ce foutu article qui avait valu la fermeture provisoire du Muséum. Le gestionnaire, Pierre Blanchard, s’était vu contraint de rendre des comptes et d’expliquer la main basse faite sur 1 million d’euros durant ses dix années de bons et loyaux services. Camille ne doutait pas un instant que cette invitation vienne de lui. Même du fond de sa prison, l’homme avait le bras long comme un rhizome. Du chiendent de la pire espèce.

Et pourtant, elle avait négligé l’avertissement.

Ou du moins, l’avait-elle relégué, nonchalamment.

Son métier comportait ce genre de risques. Combien de lettres ou d’appels anonymes avait-elle déjà reçus ? Combien de petits cercueils en bois envoyés au journal ou glissés sous son paillasson ?

Les malversations financières, que Camille traquait et dénonçait de sa plume acérée, visaient des hommes haut placés. Des dirigeants qui ne se salissaient jamais les mains. Qui, pour les basses besognes, faisaient appel à des sbires.

Et pourtant, elle s’en était toujours tirée.

Car Camille avait un atout.

Un « atout maitre » bien plus vicelard et retors que cette bande de malfrats.

Max. Son ami et mentor, Max.

Un type qu’il ne fallait pas trop chatouiller. Surtout s’il était question de justice et de vérité. Et, plus encore, s’il s’agissait de  Camille.

A qui, il y a une semaine, elle avait délégué le problème et qui, pourtant, ce soir n’était pas là.

Ça aurait dû l’alerter de ne pas le voir à l’inauguration. Ça aurait même dû la faire fuir. Sans Max à ses côtés, Camille n’était plus qu’une brindille de 49 kg qu’un assassin au regard vitreux allait bientôt anéantir.

Le danger ne vient jamais de là où on l’attend, pensa-t-elle trop tard, alors que l’ombre finissait de la recouvrir et qu’un coup de feu fit voler en éclat ses derniers espoirs.

 

FIN de l’épisode 2

La suite c’est toi Aurore !