Trophée Anonym’us, L’interview de la semaine : Solène Bakowski

L’interview de la semaine : Solène Bakowski

Solène Bakovski

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.


Aujourd’hui l’interview de Solène Bakowski


1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

J’essaie de me mettre en condition, mais juste dans ma tête. Pas de rituel sanglant, pas de maléfice, c’est promis. Rien qu’un peu d’imagination 😉

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Aucune réponse définitive. Ce qui est définitif est mort alors que la vie est mouvement. Du coup, je ne suis pas à l’abri de changer d’avis cinquante fois dans les cinq prochaines minutes.

. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Dorian Gray (du roman Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde). Il me fascine !

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Celui de me télétransporter, pour pouvoir être là où j’en ai envie au moment où je le souhaite.

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Oui, sans aucune hésitation. J’écris d’abord pour moi, parce que ça me procure un plaisir fou.

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Je ne me souviens de rien de précis. Je crois que le désir d’écrire a émergé à la suite de plusieurs petits événements, de minuscules traumatismes qui m’ont rendue muette sur le moment mais que j’avais besoin de mettre en mots pour en chercher le sens. Chez moi, l’écriture est née d’une incompétence à m’exprimer correctement à l’oral.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Pour peu qu’on écrive avec honnêteté et pour les bonnes raisons, je crois que oui.

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

J’écris parce que j’aime écrire. Je ne cours pas après la notoriété et je me fiche bien qu’on connaisse mon nom. J’espère que c’est le cas de la plupart des auteurs.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

C’est indépendant de ma volonté… Les histoires qui me viennent naturellement sont toujours sombres, je ne sais pas pourquoi.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Il faut avoir du temps et de la disponibilité d’esprit.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Madame Bâ, magnifique personnage imaginé par Erik Orsenna dans le roman du même nom.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Je ne sais pas, ça dépend, je dirais que je supprime entre 10 et 20% de ce que j’ai écrit. Parfois plus, parfois moins, je n’ai pas de règle.Les premiers romans de Stephen King et Au-revoir là-haut de Pierre Lemaître.

Publicités