PREMIÈRES LIGNE #30

PREMIÈRES LIGNE #30

Bonjour, ravie de vous retrouver pour un nouveau rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque.

Le concept est très simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.

Je poursuit aujourd’hui avec vous ce nouveau rendez-vous hebdomadaire !

Et merci à Aurélia pour ce challenge.

Le livre du jour

Une sacrée découverte, un énorme coup de cœur

Persona : je sais qui tu es

de Maxime Girardeau

PREMIÈRES LIGNE #30

Il ouvrit les yeux.

Quelques secondes lui furent nécessaires pour sortir de la brume des barbituriques. Il cligna plusieurs fois des paupières, les écarquillant au maximum entre chaque battement, ses pupilles roulant de gauche à droite.

Le bois émit quelques bruits sourds, réaction aux coups portés par ses bras et ses jambes. Ils étaient presque inaudibles, amortis par l’eau et camouflés par les tremblements d’un train non loin.

Il geignait, la bouche pâteuse, toujours sans conscience parfaite de ce qui l’entourait.

Ses gémissements commençaient à former des mots presque intelligibles. Les bruits de frottement contre la paroi se faisaient plus forts, plus rapprochés. La révélation venait.

Tout en l’observant, je ne ressentais rien. Je cherchais au fond de mes tripes la plus petite sensation possible révélatrice de vie.

Rien.

Ils m’avaient tout pris. Lui. Comme les autres.

Une ablation totale.

12Il ne savait pas que je le regardais dans l’ombre, immobile, scrutant chacun de ses gestes, sondant son âme, cherchant la mienne.

Une ampoule poussiéreuse éclairait partiellement l’ensemble de la pièce. Elle pendait au milieu du plafond, au bout d’un câble électrique. Elle n’avait pas dû être utilisée depuis des années, oubliée, ainsi que cette pièce. Les évolutions du temps l’avaient fait disparaître des plans officiels.

J’avais choisi cet endroit, à la faveur de cette clarté encrassée, accentuant la lèpre qui s’était répandue sur les murs, année après année, décennie après décennie. Un siècle semblait s’être écoulé depuis qu’un être humain avait éteint cette lumière pour la dernière fois et refermé la porte derrière lui.

Il cria à l’aide.

Enfin.

Sa tête bougeait maintenant dans tous les sens, poussant son corps à se défaire de l’emprise. C’était impossible. Le tonneau de bois l’emprisonnait entièrement et j’avais entravé ses mains ainsi que ses pieds pour l’empêcher de se débattre.

La douleur s’affichait sur son visage. Son front se plissait. Des gouttes de sueur se formaient entre ses rides, puis coulaient sur sa peau. J’avais effectué de profondes entailles. J’avais pris soin qu’elles ne causent pas d’hémorragie, j’avais atteint la limite, j’y avais consacré du temps et tout le savoir-faire acquis par mes années au camp.

Je sais comment réveiller la névralgie du corps, comment en faire une vague qui submerge. Je connais la carte des nerfs. Lui, les découvrait, un à un, avec effroi. Il sentait pour la première fois la totalité de son être déverser un flot de souffrance.

Lui aussi était un cavalier de la violence, dans sa forme propre et cérébrale.

La mienne était plus rugueuse.

Cette fois, il hurla. Ses membres tambourinaient pour s’extraire du sarcophage. Seule sa tête, à l’air libre, essayait de comprendre.

Le moment était venu. Je sortis de l’ombre pour me présenter.

13— Écoute-moi.

Lorsqu’il me vit apparaître sous la lumière, il se figea, puis quelque chose naquit en lui. Son regard fut traversé d’un espoir, une étoile filant à travers une nuit noire. Il tenta de formuler des mots et des phrases, mais l’engourdissement causé par les barbituriques l’empêchait d’être intelligible. Ses mains tapaient le bois. Il se débattait pour survivre et conserver l’espérance.

Je m‘approchai jusqu’à n’être qu’à quelques centimètres de son visage. La puanteur l’imprégnait déjà.

— Calme-toi. Ta panique est inutile. Bientôt tu vas mourir et je vais te dire pourquoi.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Lady Butterfly & Co
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• La Voleuse de Marque-pages
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• La Booktillaise
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Rattus Bibliotecus
• Ma petite médiathèque
• Prête-moi ta plume
• L’écume des mots
• Chat’Pitre
• Pousse de ginkgo
• Ju lit les mots
• Songe d’une Walkyrie
• Mille rêves en moi

Auteur : Collectif Polar : chronique de nuit

Simple bibliothécaire férue de toutes les littératures policières et de l'imaginaire.

3 réflexions sur « PREMIÈRES LIGNE #30 »

Un petit mot à ajouter, un commentaire à me laisser !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s