PREMIÈRES LIGNE #104, La catabase de Jack Jakoli

PREMIÈRES LIGNE #104

Bonjour, ravie de vous retrouver pour un nouveau rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque.

Le concept est très simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.

Je poursuis aujourd’hui avec vous ce nouveau rendez-vous hebdomadaire !

Et merci à Aurélia pour ce challenge.

Le livre en cause

La catabase de Jack Jakoli

Attention la première scène de ce livre est un scène choc, elle peut heurter la sensibilité des personnes les plus sensibles. Mais elle est indispensable pour l’histoire que nous raconte l’auteur.

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La pièce ressemble à la chambre froide d’un vieux réfectoire à l’abandon. Carrelages blancs salis, certains couverts de taches rougeâtres. À travers son masque en forme de tête de porc, un homme écoute des sonorités terrifiées.

Couchée sur le dos et sanglée sur une table métallique montée sur roulettes, une femme nue tente de se débattre. Des chaînes suspendues à d’énormes crochets entourent chacune de ses chevilles. Ses mains sont attachées sous la table. Une large bande autocollante maintient son front. Un bâillon entrave sa bouche.

Plutôt grand, l’homme porte un pantalon de travail, un pull rouge et un vieux tablier de boucher déjà maculé de sang. Pieds nus, il dispose ses ustensiles sur une desserte. Un couteau de cuisine basique. Une scie à élagage de petite taille. Un marteau de charpentier. Un désherbeur manuel. Des seringues accompagnées d’un flacon.

Sa mise en place se clôture par l’installation d’un trépied devant la femme apeurée.

À l’aide d’une petite caméra, il passe en revue la jeune femme blonde des pieds vers la tête. Exhibant ainsi son intimité écartée. Des larmes recouvrent ses joues, miroir de la plus primale des peurs.

L’objectif placé sur le support dédié, l’homme s’approche d’un micro et prononce quelques mots d’une voix tronquée, robotisée.

J’ai bien reçu vos paiements. Nous allons pouvoir commencer conformément à vos directives.

Sur la table à outils, sa main s’empare du marteau de charpentier. Le côté plat vers la fille. L’objet s’abat violemment sur l’un des tibias. Le craquement produit un cri perçant. La jeune femme se débat. Juste le temps de comprendre que la chaîne qui lui maintient la jambe cassée lui procure une douleur plus vive encore. Le bourreau réitère sans attendre sur l’autre tibia. Le même son. La même douleur. La même détresse.

L’homme marque une pause. Il récupère le marteau pour, cette fois, frapper ses genoux. À deux reprises, les hurlements inondent la pièce. La victime tente de ramener ses jambes en position fœtale. Sans y parvenir. Les entraves et la douleur l’en empêchent.

Pour des raisons pratiques, ce qui va suivre sera légèrement différent de la demande initiale. Après s’être débarrassé du modificateur vocal, le tortionnaire tire sur la chaîne reliée au système de poulie pour lever les jambes brisées et écartées.

La scie à élagage. Sa pointe s’approche de l’anus. D’un geste sûr, la lame s’enfonce d’environ dix centimètres. Le niveau sonore des cris fait hocher la tête masquée en signe de satisfaction. Il extrait l’outil d’un coup sec. Arrachant ainsi de la chair intérieure et extérieure. Pour ne pas nuire à sa réutilisation, il débarrasse l’objet des substances organiques à l’aide de son tablier.

À peine le temps d’admirer le sang couler de l’orifice sectionné que la lame s’enfonce de nouveau. La femme hurle de douleur avant de s’évanouir.

Le bourreau s’en aperçoit, il secoue la tête.

L’outil abandonné dans le rectum, l’homme plonge sur l’une des seringues déposées sur la table. L’aiguille pompe du liquide inconnu dans un flacon avant de pénétrer le corps inerte. La substance produit un effet immédiat et réveille d’un coup la jeune femme. Comme en transe, le bourreau se dirige vers la caméra sans en détourner les yeux. Dans un mouvement ample et circulaire, il extirpe la scie violemment.

Le sang et la chair giclent. Les hurlements de la jeune femme vrillent ses propres tympans. Un flot de larmes ruisselle sur ses joues.

Nous arrivons à la prochaine étape. L’abstraction de sa féminité.

PREMIÈRES LIGNE #103 : Marchands de mort subite, Max Izambard

PREMIÈRES LIGNE #103

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Le livre en cause

Marchands de mort subite, Max Izambard

Pierre Marlot observe une colonie d’avocettes en baie de Somme lorsqu’il reçoit un appel du consul de France en Ouganda. On n’a plus de nouvelles de sa fille Anne, journaliste prometteuse et farouchement indépendante, depuis qu’elle est partie dans l’est de la République démocratique du Congo pour les besoins d’un reportage. En arrivant à Kampala, Pierre comprend qu’il ne faut rien attendre des services consulaires. Il se lance dans une quête solitaire sur les traces de sa fille. C’est ainsi qu’il rencontre Juliet Ochola, une journaliste travaillant pour un grand quotidien ougandais. Juliet décide de reprendre le travail d’Anne. Dans un pays où les journalistes subissent menaces de mort et arrestations arbitraires, elle s’engage dans une enquête à haut risque, alors même qu’une insurrection étudiante met la capitale à feu et à sang.
Dans ce premier roman, passionnante enquête sur les minerais du sang qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page, Max Izambard nous transporte au coeur d’une Afrique des Grands Lacs affamée de justice. Dans un labyrinthe de questions et de faux-semblants, ses magnifiques personnages luttent pour faire émerger des vérités dérangeantes face à un pouvoir aux abois.

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Lorsque Pierre Marlot reçut l’appel du consul, il observait une colonie d’avocettes à tête noire qui déambulaient à grands pas rapides et gracieux le long d’une plage en baie de Somme. L’aube était étrangement lumineuse en ce début de mois de mars. Dès les premières lueurs du jour, il était parti marcher sur l’immense plage presque rectiligne qui part de la pointe du Hourdel et va jusqu’à Cayeux-sur-Mer ; cette plage sur laquelle, à cette heure, on ne décelait aucune trace de l’espèce humaine, à l’exception d’un bunker allemand échoué sur le sable, comme s’il avait été recraché par la mer une nuit de tempête.

Pierre sentait la morsure du vent sur ses mains et ses joues. Il n’entendait que le flux et le reflux des vagues sur le sable au loin. Lorsqu’il plaça les jumelles devant ses yeux, l’immensité de l’espace soudain s’abolit. Son monde visuel se résuma à des aplats de couleurs pâles, du bleu, du gris, du beige, floutés par des mouvements de mise au point et de déplacement des jumelles. Au bout de quelques secondes, il vit apparaître un oiseau noir et blanc perché sur ses longues pattes, qui avançait dans l’eau peu profonde et plongeait son bec fin dans la vase pour en retirer des vers et des petits crustacés. Recurvirostra avosetta, nota-t-il mentalement, tout juste rentrées d’Afrique. Bienvenue au bercail mes amies ! Il sourit sans s’en apercevoir.

C’est précisément à ce moment-là qu’une vague d’ondes radioélectriques traversa le Sahara, la mer Méditerranée puis remonta la France en diagonale avant de frapper de plein fouet le petit téléphone portable de Pierre. Il détacha brusquement ses orbites des oculaires, recouvra un champ de vision de plusieurs kilomètres de large, rangea les jumelles dans leur étui, et sortit avec irritation son téléphone de la poche intérieure de sa veste. Il ne reconnut pas le numéro qui s’affichait sur l’écran digital.

La conversation avec le consul de France en Ouganda lui fit l’effet d’une lente suffocation. La faible voix, entrecoupée de claquements électromagnétiques, lui demanda d’abord s’il était bien le père d’Anne Marlot, ce à quoi il répondit d’un oui, qu’il eut du mal à extraire de sa gorge nouée. Ensuite, le consul l’informa que l’on n’avait plus de nouvelles d’Anne depuis deux semaines, depuis qu’elle avait traversé la frontière ouest du pays afin de se rendre au Congo pour les besoins d’un reportage. Pierre Marlot posa plusieurs questions à propos du jour précis de son départ, du nom de l’amie qui avait alerté l’ambassade, et d’autres détails.

Lorsque le consul raccrocha, les avocettes s’envolèrent d’un seul coup. Pierre fut pris d’un vertige. Il s’accroupit, ferma les yeux et posa une main sur le sable pour garder l’équilibre. Quand il sentit que sa tête s’arrêtait de tourner, il se releva lentement et marcha jusqu’à la mer.

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PREMIÈRES LIGNE # 102 : La petite ritournelle de l’horreur, Cécile Cabanac

PREMIÈRES LIGNE #102

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Le livre en cause

La petite ritournelle de l’horreur, Cécile Cabanac

Derrière les murs se cachent les plus sombres des secrets…
Un appel au cœur de la nuit. Des gyrophares qui tournoient dans l’obscurité. Une vieille bâtisse à l’abandon. Quand la commandant Virginie Sevran arrive sur les lieux, les techniciens de l’identité judiciaire sont déjà à l’œuvre à l’intérieur. Ils font face à l’insoutenable. À la noirceur de l’âme humaine. Au cadavre d’une gamine dissimulé derrière une cloison que le nouveau propriétaire tentait d’abattre.
Là, au milieu de la campagne francilienne, le silence est oppressant. L’angoisse monte. Et, bientôt, les murs confient deux autres corps aux policiers. Deux autres enfants… Rapidement, la sidération laisse place à une enquête éprouvante. Certainement la plus sordide de toutes celles auxquelles la commandant et son binôme, Pierre Biolet, ont été confrontés durant leurs carrières. Une seule certitude, personne ne ressortira indemne de cette affaire…


Pio Achenza

La vieille bâtisse rongée par le salpêtre fut arrachée à l’obscurité par les phares d’une Opel Corsa en fin de course. De ses yeux rougis de fatigue, le nouveau propriétaire l’observa, les mains toujours sur le volant, en pensant aux mois d’efforts et de sacrifices qu’il faudrait encore avant d’y habiter. Puis il se saisit du sandwich et de la canette de bière posés sur le siège passager, sortit de son véhicule et pénétra dans la maison ouverte aux quatre vents.

Sans porter la moindre attention aux pièces du rez-de-chaussée, Pio Achenza grimpa l’escalier pour se diriger vers une des chambres de l’étage. Là, il alluma un projecteur de chantier, quitta sa lourde parka kaki. D’un geste brusque, il la jeta sur une chaise en osier éventrée qui vacilla sous son poids, puis remonta les manches de sa chemise à carreaux jusqu’aux coudes, faisant apparaître deux bras puissants parcourus de veines saillantes. Il fit un tour sur lui-même, mit en marche un petit poste de radio, se saisit d’une masse. Après une profonde inspiration, la démolition du mur commença.

Les mots de sa femme résonnaient encore en lui. Elle lui avait enjoint de se consacrer au chantier pour que la famille s’installe au plus vite dans cette masure isolée qu’ils venaient d’acheter pour une somme dérisoire. Avec trois enfants et un quatrième en route, leur appartement était devenu vraiment trop petit. Et l’ambiance à la maison, électrique.

En réalité, il se serait bien passé d’une nouvelle bouche à nourrir, mais Maria avait refusé toute discussion quant aux options qui s’offraient à eux : « Bien obligés de faire avec ! » L’air maussade avec lequel elle avait assené ça lui avait laissé un goût amer qu’il espéra atténuer grâce à une rasade de bière. Il culpabilisait à l’idée que l’annonce de cette grossesse ait pu l’attrister, et, en donnant de vifs coups dans la cloison qui se fendillait déjà, il prit conscience qu’il était en colère. Une rogne sèche. Piquante. Dont les remous profonds le faisaient redoubler de vigueur.

Il tapait de plus en plus violemment pendant que Maria occupait toutes ses pensées. Des râles rauques s’échappaient de sa gorge tandis qu’il concentrait toute son énergie dans sa masse. Une large fissure courut dans le plâtre, puis un morceau de brique tomba au sol dans un nuage de poussière. À bout de souffle, il s’interrompit un instant. Au fond, ce n’était pas sa femme et son sale caractère qui créaient son trouble. C’était le chemin que prenait sa vie. Cette trajectoire impossible à maîtriser. Il était inquiet.

Subitement, la journée de boulot pesait sur ses bras. Il aurait peut-être pu reporter les travaux au lendemain, après tout, on n’était plus à un jour près. Maria serait déçue du retard pris, mais il avait désormais l’habitude de ses reproches incessants. Pio chancelait de fatigue en observant le mur ; d’ailleurs, sa vue se brouillait. Plusieurs fois il cligna des yeux, tant il lui semblait que l’espace autour de lui ondulait.

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PREMIÈRES LIGNE #101 : Respire de Niko Tackian

PREMIÈRES LIGNE #101

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Le livre en cause

Respire de Niko Tackian

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Yohan se tenait accoudé au comptoir en zinc, tentant désespérément d’accrocher le regard de la serveuse. Elle avait vingt ans de moins que lui, un corps svelte, et l’entrelacs sombre de ses tatouages dansait sur sa peau claire.

Demain, je serai ailleurs, pensa-t-il en commandant un vieux rhum, son quatrième depuis qu’il avait échoué dans ce rade de la rue Montmartre.

Il fit rouler le liquide ambré dans son verre, observant les petites vagues se coller à la paroi en larmes grasses.

— Demain vous irez tous vous faire foutre !

Son image le narguait dans l’immense miroir occupant l’arrière du comptoir. Un teint d’une pâleur maladive, un nez légèrement aquilin et un menton qui semblait fuir vers le col de sa chemise. Une touffe de cheveux gris marquait sa tempe gauche au milieu d’une épaisse tignasse brune. À tout juste quarante ans, il en paraissait quinze de plus. Dehors, une foule de gamins s’éparpillaient aux tables dressées à même le trottoir pour profiter au maximum de cette nuit printanière. Il les entendait rire, les voyait refaire le monde en se bécotant sans penser au lendemain. Quand avait-il perdu son insouciance ? À bien y réfléchir, il avait oublié jusqu’à sa jeunesse. À quel moment était-il devenu cet ermite pédant et désespérément chiant ? L’écriture l’avait-elle sauvé ou, au contraire, était-elle responsable de tout ce gâchis ? Le visage de Gaïa illumina l’abîme de ses ruminations puis disparut sans qu’il réussisse à l’accrocher. Elle aussi s’est barrée…

Enfoncée dans un bord du miroir, une carte postale montrait un paysage de montagnes et d’érables aux feuilles rouges qui lui firent penser au Canada. Il leva son verre à cette destination inconnue en versant une larme, le vida d’un trait et son dernier souvenir cohérent fut de le déposer sur le comptoir. Ensuite le temps et l’espace se dilatèrent en un fatras insoluble. Il se vit simultanément errant dans les rues de Paris, pendu à l’épaule d’un inconnu auquel il beuglait qu’il était un grand écrivain, couché sur le sol du métro entouré par des bottes de flics à respirer l’urine du quai en implorant la clémence, puis rampant dans des marches d’escalier la tête penchée en avant pour vomir dans une cage d’ascenseur. La serrure de son appartement se transforma en casse-tête qu’il finit par résoudre pour se traîner jusqu’à la salle de bains et passer sous la douche sans se déshabiller. L’eau froide lui fit reprendre ses esprits et une masse de culpabilité commença à lui fracasser le crâne. Il poussa un cri, fut pris d’une toux atroce et sentit ses poumons se vider, son sternum se contracter jusqu’à la douleur. À ce rythme, il ne tiendrait pas plus d’un an. C’est pour ça que tu te barres.

Yohan quitta ses affaires trempées et les jeta en boule dans la baignoire. Demain, tout cela ne serait qu’un souvenir qu’il laisserait derrière lui comme le serpent se débarrasse de sa peau devenue trop étriquée. Le temps reprit son cours et malgré la douleur lancinante qui lui perçait les tympans, il réussit à enfiler des vêtements propres et à s’installer dans le canapé du salon. Sa valise était prête, elle l’attendait dans l’entrée. Pourtant, il n’était même pas certain d’en avoir besoin. Il se remémora les dernières semaines : l’article qu’il avait lu dans le New York Times sur les « évaporés » japonais, ses recherches sur le Darknet jusqu’à la découverte de l’agence Blue Skye. Il avait suffi de quelques entretiens sur des forums sécurisés, un long questionnaire et dix mille euros pour lui offrir ce qu’il désirait le plus : une nouvelle chance.

Son regard se porta vers les étagères et leur empilement chaotique de livres, sans doute ce qu’il regretterait le plus après son départ. Sur la table basse à ses pieds se trouvait une petite boîte en acier poli où miroitait un logo élégant, un triangle d’un bleu profond. Il est temps, décida-t-il en se penchant pour prendre la boîte. À l’intérieur, un écrin de soie noir au centre duquel trônait un unique comprimé aux reflets de nuit. Il attrapa le cachet entre ses doigts et l’observa longuement avant de le placer dans sa bouche et de l’avaler. Ça y est mon gars ! Tu es prêt pour le grand voyage ! Un goût amer lui envahit la gorge et ses yeux commencèrent à cligner de fatigue. Et puis la somme de ses angoisses sembla se dissoudre, comme si les cellules de son cerveau s’étiraient à l’infini. En quelques secondes, son esprit se figea et il sombra dans le néant.

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PREMIÈRES LIGNE #100 : La viande des chiens, le sang des loups de Misha Halden

PREMIÈRES LIGNE #100

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Le livre en cause

La viande des chiens, le sang des loups, Misha Halden

Ma toute petite Jeanne,

Cette lettre, je ne te l’enverrai pas. Il y a des mots que l’on écrit pour soi, parce que, vois-tu, on s’y plaint trop ; on y parle de choses de grandes personnes, et on inquiète ceux, celui, celle qu’on voudrait tant rassurer.

Tes yeux sont encore fermés devant le monde, ma Jeannette, et je ne veux pas que la crasse dans laquelle je piétine se répande sous tes paupières.

Quelle couleur auront tes yeux, ma minuscule fille, mon œuf à éclore ? Le vert d’algue de ceux de ta mère, peut-être, quand nous étions sous l’ombre mangée des arbres. Pas celle des tranchées, je l’espère. Que moi, je porte cette couleur-là pour que jamais tu n’aies à la voir.

Il y a la guerre, c’est comme ça. Elle arrive comme l’hiver, et on tente de se tenir chaud en attendant un meilleur printemps. On ne peut rien faire d’autre que se serrer dans ses propres bras, serrer à son cou un lainage qui porte encore la marque de la mère ou de la femme qui l’a tricoté ; nerveuse aux points trop serrés, tête dans la lune aux points oubliés, soigneuse au doigté de presque machine. L’idée de toi, vois-tu, Jeannette, est mon tricot pour me garder du froid. Ta mère est une forte femme, à la chair vive ; elle te tricote sans défaut, chaude et souple. Et même si tu as des défauts, ma toute petite, je me crèverai les yeux plutôt que de les voir.

Mais cette lettre, je ne te l’enverrai pas. Et pourtant c’est à toi, résolument à toi, que je l’écris. Ce papier qui craque sous mes doigts, il t’appartient, comme l’homme qui s’y penche. Ces mots-là seront secrets, entre nous, pourtant, sans que tu les saches. Ce père qui n’en est pas encore un, il t’écrit des mots qu’il ne veut pas que tu lises.

Ma fille,

Tu grandis. Je le sais, je le sens. Dans l’odeur du vent, qui porte un peu de toi, de ton parfum, de tes pollens. Tu es une fleur, de celles qui poussent dans les champs qu’on soigne ; il faut bien que tu aies du pollen, alors.

Tu sais, je pose ma main sur le flanc de la tranchée, ici, et quand la terre est chaude, quand elle tremble encore d’un nouveau coup de canon, je ferme les yeux et j’imagine que c’est le ventre de ta mère que je tiens là, mouvant et tendre comme le cou des chevaux. Tu les toucheras, les chevaux de la maison, ceux des voisins ; même si je ne suis pas là pour le faire, les grandes personnes te porteront vers leurs crins, ils te poseront sur leurs larges dos farineux de la poussière des blés. Tu sentiras leur souffle, énorme et vif, quand ils te respirent. C’est comme cela qu’ils te connaissent, il faudra te laisser faire, et puis tu verras ; un jour, quand personne ne te regardera, toi aussi tu les sentiras, ces grandes bêtes, et ils ont chacun leur odeur, épanouie par la sueur du travail. Avec de la chance, Jeanne, tu ne verras jamais ceux d’ici. Ils les peignent en jaune, sais-tu. Ou encore ils les recouvrent d’un tissu sale. Un jaune de pisse de vieux chien, quand leurs reins ne font plus rien que de la boue. Ils les peignent couleur de terre déchirée, pour les camoufler aux Allemands. Les chevaux ont honte de ce maquillage. Nous, nous qui sommes arrivés en sabots à la gare, nous à qui il a fallu montrer comment nouer les lacets, nous qui n’étions pas vêtus en messieurs, nous les voyons ; la tristesse de leurs yeux, le souffle qui se fait trop docile, qui demande presque pardon. Ils se savent laids, et le cœur se serre, quand on a vu les chevaux des jours de fête, lustrés, heureux, fiers de porter leur harnachement, ciré aux veillées. Même le bois qu’on leur fait porter pour les travaux leur va mieux que ces draps volés à des mouroirs en ruine. Ces chevaux du pays, qui portaient nos enfants ; ici, ils meurent dans la terre déjà tout vêtus de leurs linceuls.

Ma Jeannette,

Le froid est terrible. À la maison, il y a un feu, des bêtes, de la laine où enfouir ses mains une fois qu’on rentre des champs. C’est l’espoir du chaud qui tient notre viande vaillante. Ici, on reste à la pluie, on reste au brouillard. Même la terre pleure de ce trop-plein d’eau. Et une part de cette eau est faite de notre propre urine, Jeannette. Ce qui rend fou, plus que les balles, plus que l’Allemand, plus que les ordres ou la saleté, c’est de ne pas avoir un coin sec ; d’être trempé comme une guigne sans même un mouchoir où étancher sa morve. On dort dans sa flaque, on pleure dans sa flaque, on meurt dans sa flaque. Les rats s’y noient, quand ils sont si pleins de tissu rongé et de viande de cadavre qu’ils sont trop lourds pour surnager.

J’allais dire que j’ai le souvenir de toi pour m’attendrir le cœur, mais je n’ai pas de souvenir de toi, en vérité ; à part celui des arbres, des fourrés sauvages où ta mère et moi mangions les mûres avant que d’aller y piquer nos chairs. Ces mots, on ne les avoue jamais aux enfants ; il n’y a pas que des amours qui durent, des pensées profondes comme l’eau d’hiver. Il y a des appels du ventre, et une fièvre dans les yeux. Ta mère et moi, c’était cela ; une envie de quelque chose en l’autre, qu’on ne saurait nommer. Toucher ce qu’on ne peut pas toucher chez nous autres, petits hommes sous le grand ciel. L’amour se construit et s’apprend à deux, il grandit comme une moisson, et c’est autant de travail ; même aux jours de froid, il faut planter tes mains en terre, parce que la grande maison chaude à venir te tient heureux. L’amour n’est pas sale, il ne doit pas être crainte, et si tu ne seras jamais une enfant qui porte mon nom, tu seras toujours une enfant qui porte ma joie. Ce sont ces souvenirs-là qui me soutiennent, parce qu’ils sont promesse ; et Dieu sait que le monde en fait peu qu’il sait tenir. Cela aussi, il faut le taire.

Ma petite demoiselle,

Je n’ai jamais aimé l’école, tu sais ; les livres, oui, presque autant que toi, mais pas les pupitres qui allaient par-dessous. J’ai eu de la chance ; le maître avait compris que c’était l’ordre, les genoux serrés et la coiffure toute faite qui me prenaient à la gorge et me rendaient méchant comme un chat qu’on étrangle. Alors il me laissait venir, le soir, quand le poêle brûlait ses dernières braises. Il me laissait m’asseoir au pied de l’estrade qui sentait le bois et la poussière, et il me glissait une feuille qui portait les mots de grands auteurs. Il y avait une poésie féroce dans leurs mots ; une passion fébrile dans le long tracé de cette encre pourtant calme. Je me souviens d’un poème, un père qui s’en allait dans la lande pour voir sa fille, et quand il arrivait chez elle, il n’y avait que du houx et une pierre tombale. Il me faisait peur, ce poème, une peur glacée qui me tordait le ventre. J’avais peur pour toi alors que je n’aurais pas encore su te faire. Lis, ma Jeannette. Il te faudra lire. Il y a des pluies d’acier dans le monde, et ton papa respire tout en dessous. Avec les livres, ma toute petite fille, les morts te parlent. Si une goutte de fer me touche, peut-être qu’ils sauront te parler de ton père comme ce poète savait me parler de toi.

Ma Jeannette,

J’ai peur de mourir sans t’avoir élevée. L’intérieur des corps, ma chérie. On tuait le cochon, à la maison, et tu le verras. On l’ouvrait en deux, encore frissonnant de sa terreur, et l’intérieur était noir et épais, une boue qui sentait le cuivre. Et pourtant c’était propre et net, à côté des morceaux d’homme qu’on reçoit ici. J’ai vu un bras arraché. Il était pâle et nu, parfait si on n’en voyait pas l’épaule. Et tout, dedans, était cassé au point qu’il semblait en chiffons. Il était si mou qu’il est tombé devant moi, presque sur mes pieds, et qu’il n’a pas fait plus de bruit qu’un flocon. Je vois cela, je m’y salis les yeux et les pensées, et je cherche ce que j’ai à te dire de vrai, de juste ; je n’aurai pas les soirées à te gronder pour manger la soupe sans donner ton pain aux chiens, ni les doigts tachés de ton encre renversée pour les devoirs. Je ne te verrai pas réfléchir au moment de tuer ton premier lapin, faire le choix de la viande ou de la vie. Je n’aurai que quelques mots, portés par le même vent que tes pollens. Je pensais aimer ta mère, mais c’était du feu, je l’ai compris avec toi. L’amour, ma Jeannette, est enfant de pauvre ; on ne le voit pas dans les défilés, il porte un surcot gris, comme les petits meuniers. Il ne change rien de bien visible, pourtant il transforme le monde et on ne s’en rend pas même compte. On ne peut pas mettre l’amour derrière une vitrine, alors on y met d’autres choses que l’on veut vendre, et on appelle cela de l’amour ; mais ce ne sont que des colliers pour chiens perdus. C’est en sachant que tu serais là, bientôt, que j’ai compris. L’amour n’est pas une passion, il est matinée calme, encore dans son brouillard ; quand on ouvre la porte de la chèvrerie et que la chaleur est là, invisible et touffue pourtant, et que ce froid se gorge de l’odeur des chèvres, de leur vie, de leurs yeux noirs. C’est ce mélange-là ; le froid du matin et le chaud de la vie qui gagnent tout, sans rien enflammer. Les flammes tuent, et les étables sont douces. Je crois que tout l’important est ici, dans les yeux noirs des chèvres. Il n’y a rien de beau dans des flammes et des bras arrachés.

Ma Jeannette,

J’ai peur. J’ai peur de ne jamais te connaître. Et pourtant, je sais que tu soignerais tout ce que je vois ici.

Ma Jeannette,

J’ai la tête cassée. Ils nous font boire. Un ratafia ignoble, qu’on ne prendrait même pas pour frotter les fromages. On s’y brouille la vue, on s’y gèle les dents. La gencive s’y froisse, remonte, on claque de la langue en faisant le fort, en disant qu’il n’est pas bien costaud. Nous sommes tous ridicules et menteurs, et nous le savons. Nos chaussures sont pleines d’eau, nos pieds pourrissent. Grosse chair de noyés, blanche, épaissie, les orteils larges comme des prunes sauvages. On perd des morceaux de soi, ici. Il n’y a pas de mots. Ceux qui rentreront ne pourront pas en parler. Même les poètes ne peuvent pas le faire. Ils mentent, comme nous, ils écrivent sur des choses qui ont des noms, et même la pierre tombale au-dessus de son propre enfant en a un. La guerre, celle qu’on vit, et pas celle qu’on ramène chez soi en faisant le beau, elle n’en a pas. Elle est silence. Elle est silence de cadavre. C’est le vent dans les herbes. C’est la pluie dans la tranchée. Parfois, quelqu’un hurle. On dirait le cri des lapins quand on va les tuer.

Ma Jeannette,

Ma toute petite Jeannette, mon minuscule espoir. J’ai été blessé. Peu, mais bien. On a dit que j’étais un héros, j’ai voulu dire non, et puis j’ai compris que c’était comme pour le ratafia ; il fallait faire le fort, pas pour soi mais pour les autres. Alors oui, j’ai dit que j’étais un héros, et ils ont souri. En vérité, ma Jeannette, le sergent était tombé, son pied avait glissé dans la boue, et je me suis baissé, à peine, pour lui tendre mon bras. C’était hors de la tranchée. Une balle allemande a cogné dans le coin de ma mâchoire. Elle devait être perdue, cette balle, elle devait flâner, parce qu’elle n’a rien cassé. Ouvert la chair, ça oui, jusqu’au blanc de l’os. J’ai pissé le sang, j’en avais jusque sur le ventre et, trois jours après, il y en avait encore dans les poils sous mon bras. J’ai dû saigner de soulagement ; une digue qui a cédé, du sang à la place des larmes. À la guerre, ma Jeannette, une fois blessé, c’est l’infirmerie, et si la blessure est grave, ou bien si on a aidé son sergent à se relever, on peut rentrer chez soi, parfois. Alors voilà ; je rentre. Nous allons faire connaissance, et je ne t’apprendrai rien des tranchées, et tu m’apprendras tout du silence du cœur quand il n’a plus rien à craindre.

Je suis dans le train. C’est la dernière lettre que je t’écris. Je ne sais pas vraiment quoi te dire. Les mots manquent. Je ne suis pas le seul soldat ; ni le seul à porter un pansement. Le wagon est plein, et deux personnes sur trois ont une gaze blanche quelque part. Celui-ci, il lui manque la main. Il est saoul, il agite son moignon. Je pense que je n’ai jamais vu personne de plus heureux que lui. Certains dorment, ils doivent encore être dans le sommeil de leurs médicaments. On les a portés ici, posés sur leur siège. Ils se sont effondrés les uns sur les autres. On dirait des quilles. Il y a des femmes, aussi, peu. Des paysannes qui reviennent de quelque part, surtout. Deux dames de la ville ; une, vraiment très jeune. Celle-là est tout habillée en brun, une couleur de terre grasse qui ne demande qu’à faire pousser. Blonde, un blond d’étain, très gris. Tout à l’heure, les hommes ont chanté, et il faut bien leur pardonner, après la terreur et les éclairs de nos nuits ; c’étaient des chansons que les dames ne devraient jamais entendre. La toute jeune a fait celle qui n’entend pas, elle avait l’air de s’en moquer, mais elle a fini par avoir la mine de quelqu’un qui sent une mauvaise odeur. Elle s’est retournée, ma Jeannette, et c’est moi qu’elle a regardé. Elle a fouillé le wagon des yeux, et puis c’est moi qu’elle a choisi de voir. Mais moi, je ne chantais pas. Elle avait de la haine dans les yeux, et pourtant j’étais le seul à n’avoir rien dit.

— C’est tout ?

— Oui.

— Rien d’autre ?

— Non. Pas de papiers sur lui. Les lettres ne sont adressées à personne. Elles n’ont même pas d’enveloppe.

— Rien que « Jeannette » et « la maison ». Quelque chose avec le train ? Son billet, qu’on sache au moins d’où il est parti, où il allait ?

— Pas de billet non plus. Il portait ses vêtements civils. Aucun moyen de connaître son matricule.

— Il ne dit toujours rien ?

— Les docteurs essayent depuis hier de le faire parler, mais je doute qu’ils y arrivent. Il bave sur son menton, il ne réagit même pas aux voix. À peine à la soupe ; il s’est mis à baver un peu plus. C’est tout.

— Bon.

— Comme vous dites.

— On ne va pas lancer une enquête pour retrouver la petite bâtarde d’un paysan. Il faudrait retourner toute la France à coups de fourche, et il en sortirait des milliers.

— Son œil saigne toujours un peu. Les docteurs disent que c’est par là qu’il a reçu le coup de stylet, ou d’épingle. Dans l’orbite, sous le globe, en remontant par…

— Les détails, pas avec moi.

— Bien sûr. Excusez-moi.

— Bon. Je vais demander les papiers pour le faire interner. Il aura au moins un toit. Ce ne sera pas le premier qui rentrera de la guerre sans jamais revoir sa maison.

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