PREMIÈRES LIGNE #129 l’analphabète qui savait compter, Jonas Jonasson

PREMIÈRES LIGNE #129

Bonjour, ravie de vous retrouver pour un nouveau rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque.

Le concept est très simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.

Je poursuis aujourd’hui avec vous ce nouveau rendez-vous hebdomadaire !

Et merci à Aurélia pour ce challenge.

Le livre en cause

L’Analphabète qui savait compter, Jonas Jonasson

« Statistiquement, la probabilité qu’une analphabète née dans les années 1960 à Soweto grandisse et se retrouve un jour enfermée dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et de son Premier ministre est d’une sur quarante-cinq milliards six cent soixante-six millions deux cent douze mille huit cent dix.
Selon les calculs de ladite analphabète. »

Tout semblait vouer Nombeko Mayeki, petite fille noire née dans le plus grand ghetto d’Afrique du Sud, à mener une existence de dur labeur et à mourir jeune dans l’indifférence générale. Tout sauf le destin. Et sa prodigieuse faculté à manier les nombres. Ainsi, Nombeko, l’analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale.
Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur, parmi lesquels deux frères physiquement identiques et pourtant très différents, une jeune fille en colère et un potier paranoïaque. Elle se met à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. A ce moment-là, l’humanité entière est menacée de destruction.
Dans sa nouvelle comédie explosive, Jonas Jonasson s’attaque, avec l’humour déjanté qu’on lui connaît, aux préjugés, et démolit pour de bon le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou aux poules.

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Où il est question d’une fille dans une cabane et d’un homme qui, une fois mort, l’en fit sortir


D’une certaine manière, les videurs de latrines du plus grand ghetto d’Afrique du Sud étaient bien lotis. Après tout, ils avaient du travail et un toit au-dessus de la tête.

Néanmoins, statistiquement, ils n’avaient aucun avenir. La plupart succomberaient jeunes à la tuberculose, à une pneumonie, aux diarrhées, à la drogue, à l’alcool ou à une combinaison de l’ensemble. Quelques rares spécimens auraient le privilège de fêter leurs cinquante ans, ce qui était le cas du chef du bureau des latrines de Soweto, même s’il était usé par le travail et malade. Il avalait bien trop d’antalgiques avec bien trop de bière bien trop tôt le matin. En conséquence, il se montra un jour quelque peu véhément à l’égard d’un représentant envoyé par les services sanitaires de la commune de Johannesburg. Un moricaud qui osait hausser le ton ! L’affaire remonta jusqu’aux oreilles du chef de service qui, lors de la collation matinale avec ses collaborateurs le lendemain, annonça qu’il était temps de remplacer l’analphabète du secteur B.

Une collation particulièrement agréable d’ailleurs, puisqu’on y avait mangé du gâteau pour souhaiter la bienvenue à un nouvel agent sanitaire : Piet du Toit, qui, à vingt-trois ans, venait d’être embauché pour son premier travail.

Ce fut lui qu’on chargea de régler le problème de Soweto, car c’était ainsi qu’on fonctionnait dans cette commune : on attribuait les analphabètes aux bleus afin qu’ils s’endurcissent.

Personne ne savait si tous les videurs de latrines de Soweto étaient effectivement analphabètes, mais on les nommait ainsi. Désormais, mieux valait éviter d’appeler un nègre un nègre. De toute façon, aucun n’était allé à l’école, ils vivaient tous dans des taudis et avaient le plus grand mal à comprendre ce qu’on leur disait.

Piet du Toit se sentait mal à l’aise. C’était sa première visite chez les sauvages. Pour plus de sécurité, son marchand d’art de père lui avait fourni un garde du corps.

Le gamin de vingt-trois ans entra dans le bureau des latrines et ne put s’empêcher de lâcher une remarque irritée sur l’odeur. Là était assis le chef des latrines, celui qui allait devoir partir. Et, à côté de lui, une petite fille qui, à la stupéfaction de Piet, ouvrit la bouche et répondit que la merde avait en effet la fâcheuse propriété de puer.

L’agent sanitaire se demanda l’espace d’une seconde si la gamine se moquait de lui, mais ce n’était pas envisageable. Il laissa tomber et alla droit au but. Il expliqua au chef des latrines qu’il ne pouvait plus garder son travail, car il en avait été décidé ainsi en haut lieu, mais qu’il percevrait trois mois de salaire si, au cours de la semaine suivante, il lui présentait trois candidats pour le poste qui venait de se libérer.

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