PREMIÈRES LIGNE #136 : Du fond des âges, René Manzor

PREMIÈRES LIGNE #136

Bonjour, ravie de vous retrouver pour un nouveau rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque.

Le concept est très simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.

Je poursuis aujourd’hui avec vous ce nouveau rendez-vous hebdomadaire !

Et merci à Aurélia pour ce challenge.

Le livre en cause

Du fond des âges, René Manzor

Il est trop taro pour avoir peur…

Nouvelle-Zélande. Un petit garçon court à perdre haleine dans les rues de Christchurch, poursuivi par un homme armé. Des coups de feu éclatent. À l’hôpital, on découvre que l’enfant a été porté disparu il y a trois ans. Il s’appelle Nateo, c’est le fils du célèbre explorateur Marcus Taylor. Pourquoi le retrouve-t-on maintenant ? Était-il séquestré ? S’est-il enfui ? Et qui peut vouloir tuer un enfant de huit ans ?

Un an auparavant, le glaciologue Marcus Taylor dirige une mission de scientifiques envoyés dans une base implantée en plein milieu de l’Antarctique. Quand ils arrivent sur place, ils découvrent des bâtiments saccagés et déserts. L’équipe précédente a disparu sans laisser de trace.

Quel lien y a-t-il entre la réapparition de l’enfant et cette expédition qui tourne au cauchemar ?

Une chose est sûre. Il est trop tard pour avoir peur….

Prologue

Présent

Christchurch,

Nouvelle-Zélande

L’enfant maori se retourna sous une pluie battante et aperçut le 4 × 4 Holden qui fonçait droit sur lui. L’innocence de ses huit ans se chargea soudain de panique ; celle qu’éprouvent les animaux traqués.

Le premier tir fit exploser le pare-brise d’une fourgonnette, à quelques centimètres de lui. Le petit garçon bondit en avant, jetant toutes ses forces dans une fuite désespérée. Le verre brisé taillada ses pieds nus, mais l’enfant ne sentit rien. Pas plus la douleur que le sang jaillissant de ses blessures.

Le vieux Russe qui le poursuivait pointait son fusil à lunette à travers la portière, tout en hurlant au conducteur de stabiliser la voiture. Mais la minitornade qui soufflait sur Christchurch rendait la manœuvre difficile. D’autant que les essuie-glaces ne parvenaient plus à dégager les trombes d’eau.

L’enfant bifurqua vers une avenue adjacente.

Un second tir fit exploser la vitrine d’une boutique, sur ses talons.

Un chaos indescriptible régnait dans la rue. Des gens criaient, d’autres se cachaient où ils pouvaient.

Le chauffeur vira un peu trop sèchement à droite et percuta une camionnette, garée en double file. Les piétons se jetèrent à couvert pour éviter le véhicule. Les roues de la Holden accrochèrent le bord du trottoir et une violente secousse ébranla l’habitacle.

Déstabilisé, le tireur se dégagea de la fenêtre, le temps d’essuyer la pluie qui noyait ses yeux et sa visée. Sa cible était en vue, à une vingtaine de mètres. Mais elle se déplaçait beaucoup trop vite. Elle zigzaguait au beau milieu du trafic, tandis qu’un concert de klaxons éclatait dans son sillage.

— Qu’est-ce que tu fous ? hurla le vieux Russe. Rattrape-le !

Il se déporta sur la gauche et se faufila entre les voitures arrivant en sens inverse. Contraintes de s’écarter, elles protestèrent avec force coups de frein et de klaxon.

Tandis que l’enfant maori courait à perdre haleine, il risqua un coup d’œil par-dessus son épaule. Le faisceau rouge de la visée laser le trouva. Une détonation retentit. Il changea brutalement de direction, dérapa sur la chaussée mouillée et chuta. Des pneus hurlèrent sur l’asphalte, laissant derrière eux de larges traînées de gomme.

Quand le garçon releva les yeux, la calandre de l’autocar qui aurait dû l’écraser se dressait, fumante, au-dessus de lui.

Pendant quelques secondes, ses poursuivants crurent l’avoir perdu.

— Il est où ? demanda le tireur en dégageant la buée qui s’accrochait au pare-brise.

Le chauffeur leva les yeux vers son rétroviseur et aperçut le fuyard qui traversait l’avenue, en prenant tous les risques.

— Derrière nous ! hurla-t-il en tournant sèchement le volant à gauche.

La Holden rebondit sur le terre-plein central, pulvérisa une fontaine décorative et s’élança, un peu trop vite, à la poursuite de l’enfant. Les piétons qui traversaient s’éparpillèrent comme des quilles de bowling. Ne parvenant pas à se stabiliser, la Holden arracha la portière ouverte d’une berline, faucha une rangée de parcmètres et alla s’encastrer, côté conducteur, dans un camion en stationnement.

L’aile arrière gauche du poids lourd perfora l’habitacle de la Holden. Des fragments de verre et de métal sifflèrent dangereusement autour de la tête du passager, manquant de le décapiter. Le chauffeur, lui, n’eut pas la même chance. Le vieux Russe grimaça à la vue de son corps broyé par la carrosserie.

Mais il n’abandonna pas pour autant.

À travers les débris du pare-brise, il vit l’enfant maori pénétrer dans un immeuble bourgeois. Le tueur s’extirpa tant bien que mal…

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