Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine : Natacha Nisic

mercredi 13 février 2019

L’interview de la semaine : Natacha Nisic

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.
Aujourd’hui Natacha Nisic



1- Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ? Bande de psychopathes !
J’entre dans leur tête ou eux dans la mienne ; si l’un de mes personnages meurt, il peut ainsi survivre. Plus sérieusement, lors des salons, je suis plutôt côté bar. Peut-être un signe.

2- Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Oh, rien de définitif en ce moment…

3- Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Arturo Bandini.

4- Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
Devenir invisible pour ne plus me voir 😉

4 bis :Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Y en a toujours un qui traine, à commencer par soi-même, donc oui.


5- Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
La lecture et le rêve.


6- Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue
Pas toujours.


7- Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?
Le top ! Un grand roman anonyme.


8- Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
Je n’aime pas le rose.


9- Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Le silence, une petite pièce fermée avec fenêtre, des cigarettes et une robe de chambre.


10- si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Bandini.


11- Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
Je ne sais pas. Peut-être la Peau et les Os de Georges Hyvernaud.

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Trophé anonym’us, L’interview de la semaine : Tom Noti

mercredi 6 février 2019

L’interview de la semaine : Tom Noti

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Tom Noti

1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?

Bande de psychopathes !

Personnellement, les personnages de mes romans sont des types plutôt taciturnes, mélancoliques, parfois amnésiques, souvent malheureux, ils plaquent leur famille, ne veulent pas d’enfants voire détestent les gosses, ils fuient leurs amis et s’entourent de solitude, ils se cherchent beaucoup. L’un de mes personnages est aussi une femme… bref, tout ça pour dire que ma famille supporterait moyen l’idée que j’endosse ces rôles-là…

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Ma réponse est d’abord que Douglas Adams était trop intelligent pour être heureux et cherchait sans doute beaucoup trop pour pouvoir trouver. Je le préfère dans sa collaboration aux délires des Monty Pithon et je conserve leur folie commune comme réponse définitive aux interrogations sur le sens de la vie.

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Le premier qui me vient à l’esprit est Henry Wilt (des romans de Tom Sharpe) qui me fait tellement rire mais qui m’angoisse aussi tellement qu’une soirée avec lui me suffirait, je pense.

Sinon, les révoltés que j’aurais aimé apaiser le temps d’un verre : Antigone, Tom Joad (Les raisins de la colère de Steinbeck) et l’incommensurable Arturo Bandini (des romans de John Fante) quoique, à bien y réfléchir, j’aurais aussi pu passer plusieurs soirées avec ce dernier.

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Voler ! Pour voler…

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Très sincèrement, non. Je (ou on) m’enfermerais (t) et je me raconterais des histoires dans ma tête pour moi tout seul. Elles seraient parfaites, sans fautes, sans relectures, sans corrections, sans tout ce temps nécessaire pour rendre « lisibles » les histoires écrites. Ainsi, je pourrais m’en raconter 10 fois plus et surtout, je les trouverais à chaque fois géniales !

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Il me semble avoir toujours écrit, au moins dans ma tête…

Mais l’élément déclencheur est chez moi, mon 5e élément à moi, c’est-à-dire mon dernier garçon. Un jour, il m’a demandé si le métier que j’exerçais était mon grand rêve d’enfant. J’ai dû lui avouer que non, que c’était écrire mon grand rêve ! Et là, il m’a répondu : « Tu nous dit qu’il faut suivre ses grands rêves et toi, tu ne l’as pas fait ! Alors pourquoi tu ne le fais pas ? Tu n’es pas encore trop vieux ! » Mon premier manuscrit a été édité quelques mois plus tard.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Oui, je crois davantage à l’encre de tes blessures que l’encre de tes yeux, même si…

Question bien pourrie au demeurant…

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Oh oui ! Comme les paquets de cigarettes neutres ! Ce serait génial ! Franchement, plus de souci d’égo, de pseudo, d’image, de patronyme bankable ou pas… Juste les mots et les lecteurs choisissent sans interférences. Oui, oui, bonne idée ! J’adhère immédiatement.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Je ne suis pas un auteur de roman noir. J’aimerais bien mais je tire toujours davantage vers le gris… Je suis très fan des auteurs du noir, très admiratif, j’en lis beaucoup. (Si je commence à en citer ici, je vais me faire des ennemis.) Quand au monde pas si rose que voulez-vous que je vous dise ? On s’en sort comme on peut… Perso, même si je suis pessimiste par nature, je reste optimiste par raison (Philippe Noiret)

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Le matin très tôt, chez moi, quand tout le monde dort, avec vue sur les montagnes et un café ou alors la fin de journée sur la terrasse d’un bar rempli de siciliens bruyants avec vue sur la mer.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Cornélien ! Mais celui qui me vient d’emblée c’est Rob, le disquaire de High Fidelity de Nick Hornby. Ce type soulève une montagne existentielle chez moi en passant ses journées à élaborer la liste des 10 plus grands albums de musique rock de tous les temps. Si quelqu’un me pose cette question, je crois que je perds complètement pied (sachant que depuis que j’ai lu ce livre, il y a 20 ans environ, il n’y a pas un jour où, en écoutant une chanson, je ne me la question.) Obsessionnel. Donc, oui, je pourrais passer des soirées avec Rob et des semaines de vacances aussi !

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Je dirais grosso modo que mon taux de rebus (et parfois ce sont les éditeurs qui sont rebutés) est de 40%…

Si je pouvais avoir accès aux brouillons d’une œuvre ce serait celle de RJ Ellory et notamment Mauvaise étoile avec les errements des deux protagonistes car il m’a fallu une carte des US pour suivre leurs chemins parallèles puis moins… Et aussi Vendetta du même auteur car je suis dingue de la structure complexe qu’il a utilisée.

Trophée Anonym’us, L’interview de la semaine : Sophie Aubard

mercredi 30 janvier 2019

L’interview de la semaine : Sophie Aubard


Sophie Aubard

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Sophie Aubard

1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?

Bande de psychopathes !

Non, les personnages restent dans les livres, et heureusement ! J’ai fait peu de salons, mais j’ai toujours rencontré de joyeux drilles qui ne se prenaient pas au sérieux, ce sont d’ailleurs devenus des amis.

Je me mets dans la peau des personnages le temps de l’écriture, certains virent très mal… et ça me fait bien rire !

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

42

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Simone Weil. Pas une once de haine dans cette femme, aucune compromission non plus. Je suis admirative.

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Endormir mon prochain. Quel bonheur de plonger les barbants ou les méchants dans les bras de Morphée. Imaginez une réunion où en endort tous les participants. Pendant ce somme, on peut lire, écouter de la musique, modifier le power point. Et au réveil conclure « Merci untel. Prochaine réunion le 10 pour suivre l’avancée du projet ». Tentant non ?

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

J’ai commencé à écrire sans autre lecteur que ma pomme. Je continuerai tant que la thérapie ne sera pas terminée !

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Une cascade de douleurs et puis le retour du bonheur.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Les bleus profonds sont ceux de l’âme et du cœur. Ils ne laissent aucune trace, mais ne cicatrisent jamais. Alors, oui j’y trempe ma plume.

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Autant de livres seraient certainement publiés, combien connaitraient le même succès ? Je pourrais publier sans nom, mon ego n’en souffrirait pas si le lecteur est satisfait.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Il n’y a pas d’ombre sans lumière.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Une belle histoire. Aucun rituel ou besoin particulier.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

San Antonio pour les cours de français et d’humanisme.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Je ne tiens pas de statistiques. Je peux supprimer des pages, des chapitres entiers tant que je ne suis pas satisfaite, et encore, je ne le suis jamais à 100 %. J’aimerais avoir accès aux brouillons de Frédéric Fajardie « La nuit des chats bottés », il a dû bien rire, et le résultat est juste parfait.

Trophée anonym’us, L’interview de la semaine : Céline Denjean

mercredi 9 janvier 2019

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

L’interview de la semaine : Céline Denjean

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.


1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

Non, je n’endosse pas de rôle durant l’écriture ! Et fort heureusement pour nous tous, car ce sont mes personnages psychopathes qui occupent le plus mon focus dans mon travail de rédaction. Mes criminels ne prennent vie que dans mon imaginaire (tant mieux pour ma santé mentale !) et je ne me sens pas « proche » d’eux durant l’écriture. Je dirais plutôt que j’ai un accès à leurs univers et déviances puisque je les crée et leur donne vie sur le papier. Il s’agit davantage d’un décentrage de ma part que d’une connivence entre eux et moi !

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Peut-être me serait-il possible de donner ma réponse si LA question était enfin clairement posée ? En l’absence de question précise, je m’en tiendrai à 42, qui – somme toute ! – vaut bien tout autre nombre…

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Oui, bien-sûr ! Plusieurs mêmes… J’aurais bien accompagné Arsène Lupin lors d’un de ses spectaculaires cambriolages, ou partagé un digestif avec Hercule Poirot dans un des wagons de l’Orient Express, ou encore joué à des devinettes toute une soirée avec Sherlock Holmes !C’est assez extraordinaire de constater que ces personnages (et d’autres) ont tellement bien été incarnés dans des adaptations cinématographiques et télévisuelles qu’ils nous semblent presque familiers et avoir existé !

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Un des super pouvoirs dont j’ai rêvé toute mon enfance était celui de pouvoir voler sans ailes, à l’instar de Peter Pan ou de Superman. Ce serait merveilleux tout simplement, de connaître la sensation du déplacement aérien, sans carcan, sans carlingue, sans moteur… voler tout simplement !

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Mdr ! Je suppose que oui car écrire m’est indispensable… Imaginons que je sois seule sur une île déserte, ceci expliquerait cela ! Il me semble bien que j’aurais besoin de tracer quelque chose de ma minuscule existence. Il me semble aussi qu’écrire, c’est s’évader, ouvrir une fenêtre sur un univers que nous choisissons… Et honnêtement, si je devais être seule sur une île déserte, j’en aurais bien besoin !


6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Je ne sais pas exactement. Je peux juste dire que je trouvais l’existence de mes héros fictionnels bien plus palpitante que celle de mon statut d’enfant. Je me souviens que je vivais leurs aventures, que je partageais leurs quêtes, que je frissonnais avec eux… Je trouvais extraordinaire de me plonger dans les livres… et de quitter ma réalité le temps d’un voyage imaginaire… Je suppose que l’envie d’écrire vient de cette magie-là. De cette force d’évasion que permet le livre.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Ma couleur préférée après le noir est le violet. Donc, oui, je crois que le rouge des blessures s’associe merveilleusement bien au bleu de l’encre !

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Je ne sais pas s’il y aurait autant de livres, je n’ai aucune idée de ce qui fait moteur chez les autres auteurs et je suppose qu’il y a des réponses très différentes chez les uns et les autres. Pour ce qui me concerne, j’ai des manuscrits sous le coude qui ne verront peut-être jamais la lumière du regard des lecteurs ! Et je crois que ça me plairait assez qu’ils soient lus même si je ne pouvais pas en revendiquer publiquement la maternité ! Je pense que l’on écrit un roman dans l’espoir qu’il soit lu un jour et que si le livre est un enfant dont on accouche, on lui souhaite aussi de vivre sa propre vie… non ? Que l’on soit « reconnu » ou non comme en étant l’auteur… Je trouverais plutôt amusant qu’un de mes livres soit commercialisé anonymement, dès lors que j’aurais accès aux impressions des lecteurs et que je serais rémunérée à la hauteur des fruits qu’il porte. Ce n’est pas tant la publicité de mon nom qui crée pour moi la « vraie » reconnaissance que l’accueil que peuvent faire les lecteurs à un de mes bouquins.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Justement parce que le monde n’est pas rose… et que c’est le noir de notre monde qui m’interroge et me bouscule le plus… Cela étant, je trouve normal que certains lecteurs puissent alterner des lectures noires et des lectures plus légères (feel good, romans blancs, burlesque…). Moi-même en tant que lectrice, j’ai besoin parfois de m’évader dans un univers drôle ou divertissant… Mais lorsqu’on écrit – même si j’ai pu sortir du genre noir dans certaines de mes productions non éditées – on pioche dans nos centres d’intérêt, nos interrogations, nos préoccupations… Au travers des livres, l’auteur que je suis porte un certain regard sur l’Humain, ses dérives, ses déviances, ses angoisses, ses dangers, ses anomalies… parce que ce sont là mes intérêts principaux.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Du calme et de la solitude. De la disponibilité psychique. Du « mauvais » temps avec un feu de cheminée (j’adore la pluie ou la neige, le genre de météos qui donnent envie d’être confinés chez soi !). Et un environnement où l’on se sent bien.

11. Si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Pour parler d’amitié, il faut certains ingrédients : complicité, connivence, loyauté, partage… Beaucoup de personnages principaux, héros de romans noirs, sont marqués, fracassés par la vie ou bien brillantissimes et, de ce fait, inaccessibles… Au final, beaucoup sont très seuls et peu enclins à se faire des amis ! Je pense donc que si je devais être amie avec un personnage de roman, ce serait plutôt un personnage de livre pour enfant ou young adult – la question de l’amitié tenant souvent une place sous-jacente, voire dominante… J’aimerais bien, par exemple, être amie avec Harry Potter !

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Mon taux de déchet diminue de livre en livre, c’est heureux ! On apprend à éviter certains pièges au fil de l’écriture, avec l’expérience. Aujourd’hui, j’évalue à un sixième grand maximum la quantité écrite qui sera finalement jetée à la poubelle !Si je devais avoir accès aux travaux préparatoires d’un livre, j’adorerais qu’il s’agisse d’une œuvre classique car je me suis souvent demandé comment les auteurs géraient leurs manuscrits avant l’invention de l’ordinateur, des copié/collé, des delete en un clic de souris… Je pourrais choisir « Les liaisons dangereuses » de Laclos ou « Contes et nouvelles » de Maupassant (c’est un sacré exercice que celui de la nouvelle !!!) ou encore « Les dix petits nègres » d’Agatha Christie, pour être dans le roman noir.

Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine : Balthazar Tropp

mercredi 19 décembre 2018

L’interview de la semaine : Balthazar Tropp

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.


Aujourd’hui l’interview de Balthazar Tropp


1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

Dans mon salon ? (rire ) J’écris des histoires relativement chiantes sur des types névrosés, et cette activité me plonge dans des abimes d’angoisse que je transporte de ma chambre à la cuisine, en passant par les petits coins, le dressing et la douche. Alors votre salon !..

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Est-ce qu’on est en train de parler de la réponse absolue ? Celle qui règlerait toutes les autres ? La clé de la paix, de la sérénité et de la joie ? Merci de garder vos menaces pour d’autres, je ne mange pas de ce pain-là.

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Disons une soirée que j’ai découverte via un personnage (Ringolevio, Emmeth Grogan). Une chaude nuit en Août 67, à San Francisco ,USA. Une petite sauterie en appartement organisée par les Diggers de San Francisco (Les vrai Diggers quoi, les premiers). Quelques personnes, un peu de LSD. Débarquent : Ginsberg, Burrough, Cassady, Kesey, le jeune tom Wolf, le Yellow Submarine ( un camion ) des Pranksters, mais aussi les états majors des Hell’s Angels et des Black Panthers. Bientôt la soirée déborde dans la rue. Mille personnes. Deux milles. Trois milles. La police débarque. Arrête le patron des Hell’s. Une foule immense converge vers le comico, portant un cercueil chargé de billets pour payer la caution. Les flics paniquent et libèrent le larron. Bref une sacré soirée.

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Flash. Je serais Flah. C’est pas très original, mais je pourrais faire des sacrés tours de magie, gagner une ou deux médailles olympiques, braquer suffisament de camions de la Brink’s pour me mettre à l’abri, et utiliser les propriétés de la relativité restreinte pour vivre mille ans et écrire une série de 137 romans

.5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Non, je rêvasserai plutôt. Je suis pas très #plaisirdecrire, et je vois pas pourquoi je me ferais chier comme je le fais si personne n’était là pour voir le résultat.

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

C’est Martin Eden, de Jack London qui a été le déclencheur. Ce désir a ensuite largement été alimenté par John Fante, Bukowski et plus localement par Philippe Djian. Je fantasme largement la galère de l’écrivain, travailler sans être lu, n’avoir pas de reconnaissance, pas de flouze. Du coup en ce moment je suis aux anges !

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Oui grave. Je dirais même : l’on orne la nacre nos fantasmes du liséré pourpre de nos saignements… Et biiiiim !

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

En réalité, je pense que si les maisons d’édition se décidaient à anonymiser tous les manuscrits qu’elles recevaient (y compris les auteurs déjà publiés), cela ferait un bien fou à la littérature. Ca va peut-être pas plaire à mes collègues professionnels de ce concours, et peut-être que je changerais d’avis si jamais j’étais moi aussi publié, mais je pense que l’énergie et la folie qu’il faut mettre pour faire un bon roman se nourrit beaucoup de l’angoisse que le bouquin ne soit pas publié. Après c’est un point de vue très personnel. Je veux me fâcher avec personne…

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Je suis plus gris que noir, mais on m’a proposé de participer à ce concours, et ça a été à ma grande surprise un grand moment de joie. Il y a un côté je trouve super relaxant à imaginer le pire, en vrai ça en devient presque drôle.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Le matin, trois heures, avec open café-clope, des boules Quies et des gens autour qui font leur truc sans te solliciter. La cerise sur le gateau c’est d’avoir un être, que tu aimes, et qui te demande de lire ce que tu as fait. Allez, un petit lectorat, qui te suit, qui t’envoie des messages pour te dire que c’est cool et qu’ils en veulent encore. On peut rêver…

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Je pense que le personnage qui m’a le plus touché, c’est Arthuro Bandini, l’alter ego de John Fante dans quasi tous ses romans. Je lis Un chien stupide, et je chiale, littéralement, j’ai envie de le prendre dans mes bras.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

J’ai un fort taux de déchet, j’écris à deux à l’heure, et je sais pas si je dois mettre ça sur le compte d’un manque de confiance en moi ou d’une exigence nazistique. Si j’avais accès à des brouillons, ce serait ceux de la série des Rougons-Macquart. Je trouve que ce qu’a fait Zola sur ce coup, c’est surement le travail littéraire le plus ambitieux qui m’ait été donné de lire, et je serais curieux de savoir comment il s’est organisé pour ne pas s’y perdre.

Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine, Eric Dupuis

mercredi 5 décembre 2018

L’interview de la semaine : Eric Dupuis

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Eric Dupuis


1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

Je reconnais que parfois, de manière à ressentir ce que pourrait ressentir mes personnages, face à un évènement ou à un lieu particulier, je me projette dans la situation dans laquelle je le plonge. Comment réagir à sa place, à cet instant précis ? Quel choix s’offre à lui ? Quelle est la meilleure attitude à adopter ? … Plusieurs questions auxquelles j’essaie de répondre en analysant le contexte et les différents paramètres en présence, pour être le plus crédible possible.

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Aucune idée. Mais je compte bien y remédier. J’enregistre les données immédiatement dans mon PC, toutefois, il faudra patienter environ 7,5 millions d’années pour obtenir une réponse…

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Phileas Fogg. Ce personnage m’a fait rêver étant gosse. Faire le tour du monde tout en réalisant une performance, tous les ingrédients d’une superbe aventure. Je passerais une agréable soirée à l’écouter me narrer ses exploits.4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?Sans hésiter, celui de Bruce Willis dans « Indestructible ». Pouvoir agir et défendre les opprimés et toutes victimes potentielles sans craindre d’être blessé… le pied !

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Ce serait terrible… mais oui ! Je continuerais d’écrire, ne serait-ce que par passion et besoin. En espérant qu’un jour, quelqu’un me fera le plaisir d’ouvrir à nouveau un de mes romans. L’espoir fait vivre… avancer… et écrire !

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Adolescent, l’écriture m’a permis d’exprimer ses sentiments à travers la poésie, à l’âge adulte, de relater la dure réalité de ma profession, puis plus tardivement, de participer à des projets télévisuels. Aujourd’hui, elle me sert d’exutoire. Un anti-stress absolu en complément du sport. Sans compter le plaisir d’échanger et de rencontrer des lecteurs(trices) ainsi que ses amis(es) auteurs lors de salons.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Oui, inévitablement. Nos blessures du passé ressortent toujours un jour ou l’autre au détour d’une histoire, d’un récit ou d’un lieu. Nos sentiments parfois tourmentés referont surface même inconsciemment. Quelle meilleure thérapie d’ailleurs que de les exprimer plutôt que de se morfondre ou de les garder enfouis au plus profond de son être… Et n’oublions pas qu’il est toujours plus facile d’écrire ce que nous avons vécu, ressenti ou subi… Une part de nous est toujours présente au travers de nos lignes, d’ailleurs nous nous mettons souvent à nu.

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

C’est évident qu’il y en aurait beaucoup moins. Tout auteur a besoin de retour et de reconnaissance vis-à-vis de son investissement. Nous sommes si souvent seuls lors de la conception de nos romans, qu’il est important de pouvoir partager. Etre anonyme sous-entend nous retirer cette étape qui consiste à répondre à la question cruciale : Notre bébé a-t-il été bien perçu ? Le trophée Anonym’us est un challenge, un concours, un défi qu’on se lance. En toute humilité, au sein d’un groupe de copains auteurs. Rien de comparable. Je pense que pour progresser et avancer dans l’écriture, il faut se nourrir des critiques. Dans l’anonymat, ce serait compliqué…

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Etant fortement influencé (voire inspiré) par mon environnement professionnel pour mes écrits, le noir s’est imposé à moi naturellement. Certains ont essayé de me faire écrire des histoires humoristiques, mais la noirceur des âmes que je côtoie au quotidien ainsi que les quartiers à risques dans lesquels je baigne depuis longtemps, ne m’incitent pas vraiment à rire…

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Le calme avant tout. Mes idées affluent en règle générale entre 22h00 et 01h00 du matin. C’est le début d’une insomnie caractérisée. Je les enregistre dans un coin de ma tête en les répétant au maximum. Et au petit matin, je m’empresse de les noter. Ensuite, l’écriture proprement dite se réalise dès que j’ai un moment dans la journée (parfois ils sont rares mais aucune pression, il faut que ça reste un plaisir).

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Sherlock Holmes. Essayer de comprendre son cheminement atypique jusqu’aux résolution d’enquêtes en fonction des preuves établies, tout étant au cœur de l’action, tel le Docteur Watson, m’aurait passionné.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Aucune idée. Sans doute aux alentours de 25 % si je prends en compte mes écrits papiers, mes premières lignes, jusqu’aux ratures, transformations, remaniement et corrections finales.Quant à l’œuvre, même si j’ai rencontré quelques difficultés à la lire, je choisirais « 22/11/63 » de Stephen King, pour m’imprégner de sa méthodologie concernant le facteur « Temps ».

Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine : Frédérique Hoy

mercredi 12 décembre 2018

L’interview de la semaine : Frédérique Hoy

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.


Aujourd’hui l’interview de Frédérique Hoy

1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

Non, enfin je ne pense pas ! (Faudra demander à mes voisins de salon !) Mais c’est vrai que l’empathie permet de sortir de soi, d’être habité par toutes les émotions y compris la colère, d’adopter toutes les attitudes y compris les plus sadiques. Peut-être ce que l’on refuse en soi ? Je ne me reconnais pas plus dans mes bourreaux que dans mes victimes, mais c’est sans doute illusoire de penser qu’ils me sont totalement étrangers.

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Alors, s’il faut vraiment avoir réponse à tout… J’ai les pieds trop ancrés dans le réel pour vous répondre mardi ou Jupiter. Et si c’est un chiffre, j’aurais plutôt dit 69. Je répondrais le désir : le désir justifie et répond à peu près à tout.

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

J’aurais aimé passer la soirée avec Peter Schlemihl, le convaincre peut-être de ne pas vendre son ombre au diable. Ou alors avec Cyrano de Bergerac dont je serais certainement tombée amoureuse. Avec Jean-Baptiste Grenouille, on aurait parlé des odeurs de la peau. Ou avec un personnage féminin d’Amélie Nothomb : peut-être Diane de « Frappe-toi le cœur », on aurait pu discuter du lien à la mère…

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Un pouvoir guérisseur. Pour ne jamais voir souffrir ceux que j’aime.

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère

Oui ! J’écris depuis 20 ans et ne suis lue que depuis un an (et toujours pas par ma mère qui vomit les romans noirs, ouf !) Cela dit, depuis que le désir d’être lu est là, depuis que j’ai assisté à la deuxième vie d’un texte qui part à la rencontre des gens et de leur inconscient, je me suis prise au jeu : je suis attentive à chaque retour. Je trouve ça très intéressant. Et même si j’aime aujourd’hui être lue, j’essaie d’écrire d’abord pour moi. Quand je prends trop en compte le lecteur, ou les critiques (positives comme négatives) que j’ai pu entendre, je perds quelque chose. Je me perds en voulant plaire.


6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

J’ai d’abord été lectrice et touchée par l’écriture des autres. J’ai écrit dès l’enfance, l’adolescence sous d’autres formes (correspondances, poèmes, histoires…). Mais c’est à la suite d’un épisode douloureux de ma vie, à 24 ans, que j’ai écrit un premier roman. Je ne l’ai jamais fait lire. Il n’avait rien d’autobiographique, mais fut certainement thérapeutique. Ma façon à moi de résister, d’aller mieux. Depuis l’écriture de romans ne m’a plus quittée, elle est nécessaire à mon équilibre, me permet de canaliser un trop-plein d’imagination, et ma sensibilité.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Je crois, oui. Et ça fait du violet, presque du noir. C’est bien ce sang-là qui coule quelque part, même si sa composition est modifiée…

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Sans doute pas.
Signer ses propres romans avec sa vraie identité, c’est une façon d’assumer ce qu’on est, ce qu’on aime faire. Ça me paraît important. Mais écrire dans l’anonymat absolu pour quelqu’un d’autre ne me gênerait pas. J’adorerais être ghostwriter…

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Est-ce vraiment un choix ? On projette peut-être sur le papier ce qu’on n’accepte pas dans le monde réel. Parfois on écrit avec ses profondes angoisses… J’ai ressenti ça en écrivant « Et un jour, disparaître ».

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

La solitude. Du thé/café à profusion (la bougie a remplacé la clope qui manque toujours un peu…). Les ambiances hivernales (froid dehors, chaud dedans) favorisent l’inspiration.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

J’aimerais être l’amie de Céline Rabouillot, la « grosse » de Céline Lefèvre, un personnage d’une sensibilité qui m’a bouleversée, un esprit sain, enjoué malgré l’adversité et le regard des autres.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Difficile à chiffrer (42 ? 😀 )
Mais je passe mon temps à relire, à réécrire, à changer des mots, des tournures de phrases, l’emplacement des virgules… une vraie manie ! Et je n’aimerai pas avoir accès aux brouillons d’une oeuvre (quelle qu’elle soit). Pas plus que je n’aime connaitre le secret de tours de magie.

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