Trophée Anonym’us, L’interview de la semaine : Solène Bakowski

L’interview de la semaine : Solène Bakowski

Solène Bakovski

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.


Aujourd’hui l’interview de Solène Bakowski


1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

J’essaie de me mettre en condition, mais juste dans ma tête. Pas de rituel sanglant, pas de maléfice, c’est promis. Rien qu’un peu d’imagination 😉

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Aucune réponse définitive. Ce qui est définitif est mort alors que la vie est mouvement. Du coup, je ne suis pas à l’abri de changer d’avis cinquante fois dans les cinq prochaines minutes.

. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Dorian Gray (du roman Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde). Il me fascine !

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Celui de me télétransporter, pour pouvoir être là où j’en ai envie au moment où je le souhaite.

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Oui, sans aucune hésitation. J’écris d’abord pour moi, parce que ça me procure un plaisir fou.

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Je ne me souviens de rien de précis. Je crois que le désir d’écrire a émergé à la suite de plusieurs petits événements, de minuscules traumatismes qui m’ont rendue muette sur le moment mais que j’avais besoin de mettre en mots pour en chercher le sens. Chez moi, l’écriture est née d’une incompétence à m’exprimer correctement à l’oral.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Pour peu qu’on écrive avec honnêteté et pour les bonnes raisons, je crois que oui.

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

J’écris parce que j’aime écrire. Je ne cours pas après la notoriété et je me fiche bien qu’on connaisse mon nom. J’espère que c’est le cas de la plupart des auteurs.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

C’est indépendant de ma volonté… Les histoires qui me viennent naturellement sont toujours sombres, je ne sais pas pourquoi.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Il faut avoir du temps et de la disponibilité d’esprit.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Madame Bâ, magnifique personnage imaginé par Erik Orsenna dans le roman du même nom.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Je ne sais pas, ça dépend, je dirais que je supprime entre 10 et 20% de ce que j’ai écrit. Parfois plus, parfois moins, je n’ai pas de règle.Les premiers romans de Stephen King et Au-revoir là-haut de Pierre Lemaître.

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Trophée Anonym’us, L’interview de la semaine : Katia Campagne

mercredi 27 février 2019

L’interview de la semaine : Katia Campagne

Katia Campagne

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Katia Campagne


1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

En salon j’essaie juste d’avoir l’air détendue, ce que je suis loin d’être

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Mais quelle était la question ultime ?

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Assez délicat étant donné que je lis énormément de romans avec des psychopathes dedans… ce serait à mon avis dangereux pour ma petite personne d’imaginer une soirée parfaite avec l’un d’entre eux…

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

J’ai l’habitude de répondre à cette question en disant que j’adorerais remonter le temps pour changer certaines choses de ma vie, mais en même temps j’aurais trop peur de modifier les choses qui ont découlé de ce passé. Alors je vais dire : avoir le pouvoir de bouffer ce que je veux sans grossir

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Oh la lose !! Si même ma mère ne me lit pas je vais être très mal. En même temps j’ai écrit pendant vingt ans sans que personne ne le sache du coup les automatismes reviendrait vite je pense.

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Le désir d’être accomplie, enfin moi-même.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Pour ma part oui, plus ou moins énormément.

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?


Oui, je pense qu’il doit y avoir une part libératrice dans l’anonymat. On peut montrer aux autres qui l’ont est réellement sans prendre le risque d’un jugement de la part de ceux qui nous connaissent vraiment.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Pour extérioriser le noir qui vrombissait dans mes tripes.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Le silence et une cafetière.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Hannibal Lecter.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?


Moi ce serait plutôt l’inverse : je double le nombre de mots de mes brouillons (au minimum).J’aimerais avoir les brouillons de Zola, ou de tout ceux dont on m’a rabâché les analyses quand j’étais au collège. Pour vérifier.

Trophée anonym’us : L’interview de la semaine : Fred Gevart

mercredi 20 février 2019

L’interview de la semaine : Fred Gevart

Fred Gevard

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Fred Gevart

1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

Non (les taiseux, comme on dit, ont le vent en poupe).

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Pour la vie et l’univers, 42 me paraît effectivement une réponse correcte. En revanche, pour le reste, il me semble qu’il faille tout de même tenir compte du dénivelé.

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Sans trop d’hésitation Dean Moriarty, sauf que certains soirs j’insisterais vraiment pour faire le bob quand il se met en tête de prendre la route pour traverser le pays.4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?Sans doute celui de ressusciter les deadlines.

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

All work and no play makes Jack a dull boy.

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

C’est une partie qui s’est jouée en deux manches. La première c’était en 4ème, j’ai écrit un poème au sujet d’un personnage de BD qui m’avait ému, et pas mal d’autres ont suivi. Puis il y a eu une mi-temps, et la deuxième manche (décisive) s’est jouée en 1997 à cause à la fois d’une personne et d’un lieu (commun), dont les initiales sont SK.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Certains voient l’écriture comme une suture sur la plaie, d’autres comme le sel.

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Oui, mais dans ce cas je préfèrerais les écrire incognito.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

A vrai dire, je ne me souviens plus si c’est parce que je n’ai pas trouvé l’interrupteur ou bien parce qu’on avait coupé le courant.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

10 à 12°c, pas de pluie, vent nul. Et surtout, comme je l’évoquais tout à l’heure, pas trop de dénivelé.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Franchement, quand on est pote avec Bubba, comme Patrick Kenzie et Angela Gennaro, je pense qu’on doit se sentir un peu plus peinard.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

A part compter les « E » dans le premier jet de La Disparition de Perec en cas d’insomnie, je ne vois pas. Pour ce qui est de mes statistiques personnelles, je viens de les vérifier (je te remercie pour cette question, c’était quand même très fastidieux). Est-ce un signe ? Mon taux est de 42,195 % Je te propose d’arrondir à 42.

Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine : Natacha Nisic

mercredi 13 février 2019

L’interview de la semaine : Natacha Nisic

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.
Aujourd’hui Natacha Nisic



1- Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ? Bande de psychopathes !
J’entre dans leur tête ou eux dans la mienne ; si l’un de mes personnages meurt, il peut ainsi survivre. Plus sérieusement, lors des salons, je suis plutôt côté bar. Peut-être un signe.

2- Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Oh, rien de définitif en ce moment…

3- Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Arturo Bandini.

4- Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
Devenir invisible pour ne plus me voir 😉

4 bis :Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Y en a toujours un qui traine, à commencer par soi-même, donc oui.


5- Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
La lecture et le rêve.


6- Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue
Pas toujours.


7- Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?
Le top ! Un grand roman anonyme.


8- Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
Je n’aime pas le rose.


9- Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Le silence, une petite pièce fermée avec fenêtre, des cigarettes et une robe de chambre.


10- si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Bandini.


11- Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
Je ne sais pas. Peut-être la Peau et les Os de Georges Hyvernaud.

Trophé anonym’us, L’interview de la semaine : Tom Noti

mercredi 6 février 2019

L’interview de la semaine : Tom Noti

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Tom Noti

1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?

Bande de psychopathes !

Personnellement, les personnages de mes romans sont des types plutôt taciturnes, mélancoliques, parfois amnésiques, souvent malheureux, ils plaquent leur famille, ne veulent pas d’enfants voire détestent les gosses, ils fuient leurs amis et s’entourent de solitude, ils se cherchent beaucoup. L’un de mes personnages est aussi une femme… bref, tout ça pour dire que ma famille supporterait moyen l’idée que j’endosse ces rôles-là…

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Ma réponse est d’abord que Douglas Adams était trop intelligent pour être heureux et cherchait sans doute beaucoup trop pour pouvoir trouver. Je le préfère dans sa collaboration aux délires des Monty Pithon et je conserve leur folie commune comme réponse définitive aux interrogations sur le sens de la vie.

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Le premier qui me vient à l’esprit est Henry Wilt (des romans de Tom Sharpe) qui me fait tellement rire mais qui m’angoisse aussi tellement qu’une soirée avec lui me suffirait, je pense.

Sinon, les révoltés que j’aurais aimé apaiser le temps d’un verre : Antigone, Tom Joad (Les raisins de la colère de Steinbeck) et l’incommensurable Arturo Bandini (des romans de John Fante) quoique, à bien y réfléchir, j’aurais aussi pu passer plusieurs soirées avec ce dernier.

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Voler ! Pour voler…

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Très sincèrement, non. Je (ou on) m’enfermerais (t) et je me raconterais des histoires dans ma tête pour moi tout seul. Elles seraient parfaites, sans fautes, sans relectures, sans corrections, sans tout ce temps nécessaire pour rendre « lisibles » les histoires écrites. Ainsi, je pourrais m’en raconter 10 fois plus et surtout, je les trouverais à chaque fois géniales !

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Il me semble avoir toujours écrit, au moins dans ma tête…

Mais l’élément déclencheur est chez moi, mon 5e élément à moi, c’est-à-dire mon dernier garçon. Un jour, il m’a demandé si le métier que j’exerçais était mon grand rêve d’enfant. J’ai dû lui avouer que non, que c’était écrire mon grand rêve ! Et là, il m’a répondu : « Tu nous dit qu’il faut suivre ses grands rêves et toi, tu ne l’as pas fait ! Alors pourquoi tu ne le fais pas ? Tu n’es pas encore trop vieux ! » Mon premier manuscrit a été édité quelques mois plus tard.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Oui, je crois davantage à l’encre de tes blessures que l’encre de tes yeux, même si…

Question bien pourrie au demeurant…

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Oh oui ! Comme les paquets de cigarettes neutres ! Ce serait génial ! Franchement, plus de souci d’égo, de pseudo, d’image, de patronyme bankable ou pas… Juste les mots et les lecteurs choisissent sans interférences. Oui, oui, bonne idée ! J’adhère immédiatement.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Je ne suis pas un auteur de roman noir. J’aimerais bien mais je tire toujours davantage vers le gris… Je suis très fan des auteurs du noir, très admiratif, j’en lis beaucoup. (Si je commence à en citer ici, je vais me faire des ennemis.) Quand au monde pas si rose que voulez-vous que je vous dise ? On s’en sort comme on peut… Perso, même si je suis pessimiste par nature, je reste optimiste par raison (Philippe Noiret)

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Le matin très tôt, chez moi, quand tout le monde dort, avec vue sur les montagnes et un café ou alors la fin de journée sur la terrasse d’un bar rempli de siciliens bruyants avec vue sur la mer.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Cornélien ! Mais celui qui me vient d’emblée c’est Rob, le disquaire de High Fidelity de Nick Hornby. Ce type soulève une montagne existentielle chez moi en passant ses journées à élaborer la liste des 10 plus grands albums de musique rock de tous les temps. Si quelqu’un me pose cette question, je crois que je perds complètement pied (sachant que depuis que j’ai lu ce livre, il y a 20 ans environ, il n’y a pas un jour où, en écoutant une chanson, je ne me la question.) Obsessionnel. Donc, oui, je pourrais passer des soirées avec Rob et des semaines de vacances aussi !

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Je dirais grosso modo que mon taux de rebus (et parfois ce sont les éditeurs qui sont rebutés) est de 40%…

Si je pouvais avoir accès aux brouillons d’une œuvre ce serait celle de RJ Ellory et notamment Mauvaise étoile avec les errements des deux protagonistes car il m’a fallu une carte des US pour suivre leurs chemins parallèles puis moins… Et aussi Vendetta du même auteur car je suis dingue de la structure complexe qu’il a utilisée.

Trophée Anonym’us, L’interview de la semaine : Sophie Aubard

mercredi 30 janvier 2019

L’interview de la semaine : Sophie Aubard


Sophie Aubard

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Sophie Aubard

1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?

Bande de psychopathes !

Non, les personnages restent dans les livres, et heureusement ! J’ai fait peu de salons, mais j’ai toujours rencontré de joyeux drilles qui ne se prenaient pas au sérieux, ce sont d’ailleurs devenus des amis.

Je me mets dans la peau des personnages le temps de l’écriture, certains virent très mal… et ça me fait bien rire !

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

42

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Simone Weil. Pas une once de haine dans cette femme, aucune compromission non plus. Je suis admirative.

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Endormir mon prochain. Quel bonheur de plonger les barbants ou les méchants dans les bras de Morphée. Imaginez une réunion où en endort tous les participants. Pendant ce somme, on peut lire, écouter de la musique, modifier le power point. Et au réveil conclure « Merci untel. Prochaine réunion le 10 pour suivre l’avancée du projet ». Tentant non ?

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

J’ai commencé à écrire sans autre lecteur que ma pomme. Je continuerai tant que la thérapie ne sera pas terminée !

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Une cascade de douleurs et puis le retour du bonheur.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Les bleus profonds sont ceux de l’âme et du cœur. Ils ne laissent aucune trace, mais ne cicatrisent jamais. Alors, oui j’y trempe ma plume.

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Autant de livres seraient certainement publiés, combien connaitraient le même succès ? Je pourrais publier sans nom, mon ego n’en souffrirait pas si le lecteur est satisfait.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Il n’y a pas d’ombre sans lumière.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Une belle histoire. Aucun rituel ou besoin particulier.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

San Antonio pour les cours de français et d’humanisme.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Je ne tiens pas de statistiques. Je peux supprimer des pages, des chapitres entiers tant que je ne suis pas satisfaite, et encore, je ne le suis jamais à 100 %. J’aimerais avoir accès aux brouillons de Frédéric Fajardie « La nuit des chats bottés », il a dû bien rire, et le résultat est juste parfait.

Trophée anonym’us, L’interview de la semaine : Céline Denjean

mercredi 9 janvier 2019

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

L’interview de la semaine : Céline Denjean

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.


1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

Non, je n’endosse pas de rôle durant l’écriture ! Et fort heureusement pour nous tous, car ce sont mes personnages psychopathes qui occupent le plus mon focus dans mon travail de rédaction. Mes criminels ne prennent vie que dans mon imaginaire (tant mieux pour ma santé mentale !) et je ne me sens pas « proche » d’eux durant l’écriture. Je dirais plutôt que j’ai un accès à leurs univers et déviances puisque je les crée et leur donne vie sur le papier. Il s’agit davantage d’un décentrage de ma part que d’une connivence entre eux et moi !

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Peut-être me serait-il possible de donner ma réponse si LA question était enfin clairement posée ? En l’absence de question précise, je m’en tiendrai à 42, qui – somme toute ! – vaut bien tout autre nombre…

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Oui, bien-sûr ! Plusieurs mêmes… J’aurais bien accompagné Arsène Lupin lors d’un de ses spectaculaires cambriolages, ou partagé un digestif avec Hercule Poirot dans un des wagons de l’Orient Express, ou encore joué à des devinettes toute une soirée avec Sherlock Holmes !C’est assez extraordinaire de constater que ces personnages (et d’autres) ont tellement bien été incarnés dans des adaptations cinématographiques et télévisuelles qu’ils nous semblent presque familiers et avoir existé !

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Un des super pouvoirs dont j’ai rêvé toute mon enfance était celui de pouvoir voler sans ailes, à l’instar de Peter Pan ou de Superman. Ce serait merveilleux tout simplement, de connaître la sensation du déplacement aérien, sans carcan, sans carlingue, sans moteur… voler tout simplement !

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Mdr ! Je suppose que oui car écrire m’est indispensable… Imaginons que je sois seule sur une île déserte, ceci expliquerait cela ! Il me semble bien que j’aurais besoin de tracer quelque chose de ma minuscule existence. Il me semble aussi qu’écrire, c’est s’évader, ouvrir une fenêtre sur un univers que nous choisissons… Et honnêtement, si je devais être seule sur une île déserte, j’en aurais bien besoin !


6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Je ne sais pas exactement. Je peux juste dire que je trouvais l’existence de mes héros fictionnels bien plus palpitante que celle de mon statut d’enfant. Je me souviens que je vivais leurs aventures, que je partageais leurs quêtes, que je frissonnais avec eux… Je trouvais extraordinaire de me plonger dans les livres… et de quitter ma réalité le temps d’un voyage imaginaire… Je suppose que l’envie d’écrire vient de cette magie-là. De cette force d’évasion que permet le livre.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Ma couleur préférée après le noir est le violet. Donc, oui, je crois que le rouge des blessures s’associe merveilleusement bien au bleu de l’encre !

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Je ne sais pas s’il y aurait autant de livres, je n’ai aucune idée de ce qui fait moteur chez les autres auteurs et je suppose qu’il y a des réponses très différentes chez les uns et les autres. Pour ce qui me concerne, j’ai des manuscrits sous le coude qui ne verront peut-être jamais la lumière du regard des lecteurs ! Et je crois que ça me plairait assez qu’ils soient lus même si je ne pouvais pas en revendiquer publiquement la maternité ! Je pense que l’on écrit un roman dans l’espoir qu’il soit lu un jour et que si le livre est un enfant dont on accouche, on lui souhaite aussi de vivre sa propre vie… non ? Que l’on soit « reconnu » ou non comme en étant l’auteur… Je trouverais plutôt amusant qu’un de mes livres soit commercialisé anonymement, dès lors que j’aurais accès aux impressions des lecteurs et que je serais rémunérée à la hauteur des fruits qu’il porte. Ce n’est pas tant la publicité de mon nom qui crée pour moi la « vraie » reconnaissance que l’accueil que peuvent faire les lecteurs à un de mes bouquins.

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Justement parce que le monde n’est pas rose… et que c’est le noir de notre monde qui m’interroge et me bouscule le plus… Cela étant, je trouve normal que certains lecteurs puissent alterner des lectures noires et des lectures plus légères (feel good, romans blancs, burlesque…). Moi-même en tant que lectrice, j’ai besoin parfois de m’évader dans un univers drôle ou divertissant… Mais lorsqu’on écrit – même si j’ai pu sortir du genre noir dans certaines de mes productions non éditées – on pioche dans nos centres d’intérêt, nos interrogations, nos préoccupations… Au travers des livres, l’auteur que je suis porte un certain regard sur l’Humain, ses dérives, ses déviances, ses angoisses, ses dangers, ses anomalies… parce que ce sont là mes intérêts principaux.

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Du calme et de la solitude. De la disponibilité psychique. Du « mauvais » temps avec un feu de cheminée (j’adore la pluie ou la neige, le genre de météos qui donnent envie d’être confinés chez soi !). Et un environnement où l’on se sent bien.

11. Si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Pour parler d’amitié, il faut certains ingrédients : complicité, connivence, loyauté, partage… Beaucoup de personnages principaux, héros de romans noirs, sont marqués, fracassés par la vie ou bien brillantissimes et, de ce fait, inaccessibles… Au final, beaucoup sont très seuls et peu enclins à se faire des amis ! Je pense donc que si je devais être amie avec un personnage de roman, ce serait plutôt un personnage de livre pour enfant ou young adult – la question de l’amitié tenant souvent une place sous-jacente, voire dominante… J’aimerais bien, par exemple, être amie avec Harry Potter !

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Mon taux de déchet diminue de livre en livre, c’est heureux ! On apprend à éviter certains pièges au fil de l’écriture, avec l’expérience. Aujourd’hui, j’évalue à un sixième grand maximum la quantité écrite qui sera finalement jetée à la poubelle !Si je devais avoir accès aux travaux préparatoires d’un livre, j’adorerais qu’il s’agisse d’une œuvre classique car je me suis souvent demandé comment les auteurs géraient leurs manuscrits avant l’invention de l’ordinateur, des copié/collé, des delete en un clic de souris… Je pourrais choisir « Les liaisons dangereuses » de Laclos ou « Contes et nouvelles » de Maupassant (c’est un sacré exercice que celui de la nouvelle !!!) ou encore « Les dix petits nègres » d’Agatha Christie, pour être dans le roman noir.