Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine, Eric Dupuis

mercredi 5 décembre 2018

L’interview de la semaine : Eric Dupuis

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Eric Dupuis


1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

Je reconnais que parfois, de manière à ressentir ce que pourrait ressentir mes personnages, face à un évènement ou à un lieu particulier, je me projette dans la situation dans laquelle je le plonge. Comment réagir à sa place, à cet instant précis ? Quel choix s’offre à lui ? Quelle est la meilleure attitude à adopter ? … Plusieurs questions auxquelles j’essaie de répondre en analysant le contexte et les différents paramètres en présence, pour être le plus crédible possible.

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Aucune idée. Mais je compte bien y remédier. J’enregistre les données immédiatement dans mon PC, toutefois, il faudra patienter environ 7,5 millions d’années pour obtenir une réponse…

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

Phileas Fogg. Ce personnage m’a fait rêver étant gosse. Faire le tour du monde tout en réalisant une performance, tous les ingrédients d’une superbe aventure. Je passerais une agréable soirée à l’écouter me narrer ses exploits.4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?Sans hésiter, celui de Bruce Willis dans « Indestructible ». Pouvoir agir et défendre les opprimés et toutes victimes potentielles sans craindre d’être blessé… le pied !

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)

Ce serait terrible… mais oui ! Je continuerais d’écrire, ne serait-ce que par passion et besoin. En espérant qu’un jour, quelqu’un me fera le plaisir d’ouvrir à nouveau un de mes romans. L’espoir fait vivre… avancer… et écrire !

6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

Adolescent, l’écriture m’a permis d’exprimer ses sentiments à travers la poésie, à l’âge adulte, de relater la dure réalité de ma profession, puis plus tardivement, de participer à des projets télévisuels. Aujourd’hui, elle me sert d’exutoire. Un anti-stress absolu en complément du sport. Sans compter le plaisir d’échanger et de rencontrer des lecteurs(trices) ainsi que ses amis(es) auteurs lors de salons.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Oui, inévitablement. Nos blessures du passé ressortent toujours un jour ou l’autre au détour d’une histoire, d’un récit ou d’un lieu. Nos sentiments parfois tourmentés referont surface même inconsciemment. Quelle meilleure thérapie d’ailleurs que de les exprimer plutôt que de se morfondre ou de les garder enfouis au plus profond de son être… Et n’oublions pas qu’il est toujours plus facile d’écrire ce que nous avons vécu, ressenti ou subi… Une part de nous est toujours présente au travers de nos lignes, d’ailleurs nous nous mettons souvent à nu.

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

C’est évident qu’il y en aurait beaucoup moins. Tout auteur a besoin de retour et de reconnaissance vis-à-vis de son investissement. Nous sommes si souvent seuls lors de la conception de nos romans, qu’il est important de pouvoir partager. Etre anonyme sous-entend nous retirer cette étape qui consiste à répondre à la question cruciale : Notre bébé a-t-il été bien perçu ? Le trophée Anonym’us est un challenge, un concours, un défi qu’on se lance. En toute humilité, au sein d’un groupe de copains auteurs. Rien de comparable. Je pense que pour progresser et avancer dans l’écriture, il faut se nourrir des critiques. Dans l’anonymat, ce serait compliqué…

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Etant fortement influencé (voire inspiré) par mon environnement professionnel pour mes écrits, le noir s’est imposé à moi naturellement. Certains ont essayé de me faire écrire des histoires humoristiques, mais la noirceur des âmes que je côtoie au quotidien ainsi que les quartiers à risques dans lesquels je baigne depuis longtemps, ne m’incitent pas vraiment à rire…

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

Le calme avant tout. Mes idées affluent en règle générale entre 22h00 et 01h00 du matin. C’est le début d’une insomnie caractérisée. Je les enregistre dans un coin de ma tête en les répétant au maximum. Et au petit matin, je m’empresse de les noter. Ensuite, l’écriture proprement dite se réalise dès que j’ai un moment dans la journée (parfois ils sont rares mais aucune pression, il faut que ça reste un plaisir).

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

Sherlock Holmes. Essayer de comprendre son cheminement atypique jusqu’aux résolution d’enquêtes en fonction des preuves établies, tout étant au cœur de l’action, tel le Docteur Watson, m’aurait passionné.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Aucune idée. Sans doute aux alentours de 25 % si je prends en compte mes écrits papiers, mes premières lignes, jusqu’aux ratures, transformations, remaniement et corrections finales.Quant à l’œuvre, même si j’ai rencontré quelques difficultés à la lire, je choisirais « 22/11/63 » de Stephen King, pour m’imprégner de sa méthodologie concernant le facteur « Temps ».

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Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine : Frédérique Hoy

mercredi 12 décembre 2018

L’interview de la semaine : Frédérique Hoy

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.


Aujourd’hui l’interview de Frédérique Hoy

1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?Bande de psychopathes !

Non, enfin je ne pense pas ! (Faudra demander à mes voisins de salon !) Mais c’est vrai que l’empathie permet de sortir de soi, d’être habité par toutes les émotions y compris la colère, d’adopter toutes les attitudes y compris les plus sadiques. Peut-être ce que l’on refuse en soi ? Je ne me reconnais pas plus dans mes bourreaux que dans mes victimes, mais c’est sans doute illusoire de penser qu’ils me sont totalement étrangers.

2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?

Alors, s’il faut vraiment avoir réponse à tout… J’ai les pieds trop ancrés dans le réel pour vous répondre mardi ou Jupiter. Et si c’est un chiffre, j’aurais plutôt dit 69. Je répondrais le désir : le désir justifie et répond à peu près à tout.

3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?

J’aurais aimé passer la soirée avec Peter Schlemihl, le convaincre peut-être de ne pas vendre son ombre au diable. Ou alors avec Cyrano de Bergerac dont je serais certainement tombée amoureuse. Avec Jean-Baptiste Grenouille, on aurait parlé des odeurs de la peau. Ou avec un personnage féminin d’Amélie Nothomb : peut-être Diane de « Frappe-toi le cœur », on aurait pu discuter du lien à la mère…

4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?

Un pouvoir guérisseur. Pour ne jamais voir souffrir ceux que j’aime.

5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère

Oui ! J’écris depuis 20 ans et ne suis lue que depuis un an (et toujours pas par ma mère qui vomit les romans noirs, ouf !) Cela dit, depuis que le désir d’être lu est là, depuis que j’ai assisté à la deuxième vie d’un texte qui part à la rencontre des gens et de leur inconscient, je me suis prise au jeu : je suis attentive à chaque retour. Je trouve ça très intéressant. Et même si j’aime aujourd’hui être lue, j’essaie d’écrire d’abord pour moi. Quand je prends trop en compte le lecteur, ou les critiques (positives comme négatives) que j’ai pu entendre, je perds quelque chose. Je me perds en voulant plaire.


6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?

J’ai d’abord été lectrice et touchée par l’écriture des autres. J’ai écrit dès l’enfance, l’adolescence sous d’autres formes (correspondances, poèmes, histoires…). Mais c’est à la suite d’un épisode douloureux de ma vie, à 24 ans, que j’ai écrit un premier roman. Je ne l’ai jamais fait lire. Il n’avait rien d’autobiographique, mais fut certainement thérapeutique. Ma façon à moi de résister, d’aller mieux. Depuis l’écriture de romans ne m’a plus quittée, elle est nécessaire à mon équilibre, me permet de canaliser un trop-plein d’imagination, et ma sensibilité.

7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?

Je crois, oui. Et ça fait du violet, presque du noir. C’est bien ce sang-là qui coule quelque part, même si sa composition est modifiée…

8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?

Sans doute pas.
Signer ses propres romans avec sa vraie identité, c’est une façon d’assumer ce qu’on est, ce qu’on aime faire. Ça me paraît important. Mais écrire dans l’anonymat absolu pour quelqu’un d’autre ne me gênerait pas. J’adorerais être ghostwriter…

9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?

Est-ce vraiment un choix ? On projette peut-être sur le papier ce qu’on n’accepte pas dans le monde réel. Parfois on écrit avec ses profondes angoisses… J’ai ressenti ça en écrivant « Et un jour, disparaître ».

10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?

La solitude. Du thé/café à profusion (la bougie a remplacé la clope qui manque toujours un peu…). Les ambiances hivernales (froid dehors, chaud dedans) favorisent l’inspiration.

11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?

J’aimerais être l’amie de Céline Rabouillot, la « grosse » de Céline Lefèvre, un personnage d’une sensibilité qui m’a bouleversée, un esprit sain, enjoué malgré l’adversité et le regard des autres.

12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?

Difficile à chiffrer (42 ? 😀 )
Mais je passe mon temps à relire, à réécrire, à changer des mots, des tournures de phrases, l’emplacement des virgules… une vraie manie ! Et je n’aimerai pas avoir accès aux brouillons d’une oeuvre (quelle qu’elle soit). Pas plus que je n’aime connaitre le secret de tours de magie.

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Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine : Salvatore Minni

Trophée Anonym’us

mercredi 28 novembre 2018

L’interview de la semaine : Salvatore Minni

Salvatore MinniCette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

 

 

 

Aujourd’hui l’interview de Salvatore Minni

 
 
1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?
Bande de psychopathes !
Lors de salons ou séance de dédicaces en librairie, la remarque que me font de nombreux lecteurs que je rencontre est « C’est fou, vous êtes aussi lumineux que votre roman est sombre! » J’en déduis que, en dehors de l’écriture, c’est mon vrai « moi » qui s’impose. Par contre, comme la plupart des auteurs de thrillers, c’est le côté le plus sombre de ma personnalité qui s’exprime lorsque je tape sur mon clavier…
2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Les nombres ne me parlent pas, je l’avoue. J’y suis plutôt allergique. À mon sens, tout est lié, rien n’arrive par hasard. Nous sommes entourés d’ondes que nous ne voyons pas. Ces ondes seront positives ou négatives en fonction de notre état d’esprit. Je suis convaincu qu’une personne positive attirera bonheur, chance et succès. A contrario, une personne négative attirera malheur, maladie et tristesse. Si un malheur nous tombe sur la tête, la question à se poser est «Que puis-je en retirer? Que tente de m’apprendre la vie? » Je suis convaincu que chaque difficulté rencontrée au cours de notre vie a un sens, une finalité, à chacun d’entre nous de s’arrêter un instant et de réfléchir à la question. Résumer l’univers qui nous entoure à un nombre me semble bien trop réducteur. Le sujet est vaste et je pourrais en parler des heures…
3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Zeus-Peter Lama (« Lorsque j’étais une oeuvre d’art » d’EE Schmitt), artiste complètement fou qui transforme des humains en oeuvres d’art.
J’aimerais beaucoup discuter avec lui pour comprendre. Comprendre sa folie, son besoin de détruire l’autre, finalement.
4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
Le pouvoir de l’immortalité. Pas forcément pour moi, mais pour ceux que j’aime. Je voudrais qu’ils soient auprès de moi pour toujours!
5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)
Malheureusement, dans tous les cas, ma mère ne peut plus me lire… Partie rejoindre les étoiles beaucoup trop tôt…
Mais je continuerais à écrire, oui. Est-ce que vous pourriez arrêter de boire ou manger?
6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
L’envie, le besoin ont toujours été là, enfouis. Puis, j’ai rencontré une professeure de littérature française qui m’a donné le courage de le faire. Tout est source d’inspiration: mon vécu, celui de mes proches, une conversation dans le métro, la perte d’un être cher, une oeuvre qui m’a particulièrement touché.
7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?
Inévitablement, oui! Même si ces cicatrices sont exacerbées pour les besoins d’un récit sombre, il y a toujours une part de moi, un trait de caractère, un événement vécu. Encore une fois, le tout est évidemment exagéré et tourné en thriller.
8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?
Dans la mesure où je n’écris pas pour être célèbre, oui je continuerais même sous le couvert de l’anonymat. Ce qui compte pour moi, ce sont mes écrits. Ce sont eux les célébrités, eux que je veux mettre en avant, pas mon nom ou mon visage. Bien entendu, lorsqu’on décide de publier à son nom, si le bouquin se vend bien, l’auteur finit par être (re)connu…
9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
Il ne s’agit pas d’un choix. Je ne me suis pas installé face à mon écran en me disant « bon, écris une histoire qui fait frissonner » C’est en écrivant que je me suis rendu compte que ce que j’écrivais prenait toujours la même tournure: le thriller.
10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Mon bureau, une tasse de thé vert, une musique de fond (en fonction de mon humeur) et parfois, de l’encens. Cela semble un peu mystique, mais vous avez demandé les conditions « optimales » 😉 Il m’arrive parfois d’écrire dans mon salon, macbook sur les genoux ou dans mon jardin, agréable, mais pas optimal à mes yeux.
11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Sans hésitation Dorian Gray. Personnage ô combien fascinant, tout en contradiction. Un homme dont l’intérieur est aussi laid que son apparence est envoûtante.
12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
Le taux de déchets est dérisoire. Je préfère retravailler un passage plutôt que de l’effacer, car si je l’ai écrit à un moment donné, c’est qu’il a sa place dans mon récit. Si je pouvais avoir accès aux brouillons d’une oeuvre, ce serait « Acide sulfurique » d’Amélie Nothomb.

Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine : Sacha Erbel

mercredi 21 novembre 2018

L’interview de la semaine : Sacha Erbel

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

 

Aujourd’hui l’interview de Sacha Erbel

 
1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?
Bande de psychopathes !
Est-ce-que tu veux parler des expériences que je fais dans ma cave ? Muhahaha !…
2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Euhhh…
3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Hannibal Lecter ! J’aimerais beaucoup connaître cette fameuse recette du foie et des fèves au beurre !
4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
La télékinésie. Je trouve que ça en jette ! Je suis déjà en net progrès avec les portes coulissantes du supermarché !
5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)
Mdr ! Carrément ! C’est tellement génial d’imaginer sa propre histoire et de la mettre en forme ! De se tirer les cheveux par moment, mais quand tu écris le mot fin, c’est magique !
6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
A force de lire des thrillers, je me suis dit que j’aimerais avoir l’imagination pour en écrire moi-même. Et mon mari m’a dit : « Bah fais-le ! »
7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?
Je pense que oui, et même parfois, sans que l’auteur n’en ait conscience ! C’est ça qui est dingue !
8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?
Et pourquoi pas ? C’est le plaisir d’écrire déjà. Et Anonyme, avec la série des Bourbon Kid le fait bien lui ! En revanche, ce qui me manquerait, c’est de ne pas avoir ces échanges et ces moments de rigolades avec les lecteurs et les auteurs !
9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
Parce que se plonger dans la tête d’un psychopathe juste un petit peu pour écrire une histoire, c’est bon ça ! Et savoir qu’on peut en sortir quand on a fini ! Mais quand tu vois les faits divers, tu te dis « ah ouais, nan, je suis vraiment pas psychopathe ! »
10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Quand j’ai l’inspiration ! Mais pour répondre plus sérieusement, je n’ai pas de rituel ou de moment préféré pour écrire ! C’est où je peux et quand je peux !
11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Le Bourbon Kid justement ! Un personnage très sombre et rock à la fois ! J’adore ! Mais avec des failles dont un ami pourrait se servir pour lui montrer que tout n’est pas noir !
12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
Franchement, je n’en ai aucune idée ! J’en ajoute plus que je n’en enlève je pense ! Pour affiner une idée ! Si le lecteur ne comprend pas ce que j’ai voulu dire, c’est que je l’ai mal exprimée ! Alors je change des phrases car mon but, je ne sais pas si j’y arrive, en tout cas j’essaye, c’est que le lecteur voit ce que je vois quand je décris un lieu ou un sentiment même !

Trophée Anonym’us, l’interview de la semaine : Simon François

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mercredi 7 novembre 2018

L’interview de la semaine : Simon François

Simon François.

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Simon François

1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?
Bande de psychopathes !
Je n’ai jamais eu l’occasion de participer à un salon en tant qu’auteur, mais je ne pense pas que ça me ferait péter les plombs ! Enfin, j’espère…
Pour ce qui est de mes personnages, je me glisse dans leur tête uniquement quand j’écris les dialogues. Quant au reste, leurs histoires personnelles, leurs façons de se mouvoir ou d’agir, je me contente de les regarder vivre. Je les mets dans le décor que j’ai créé, les observe en train d’interagir avec. Quand tout ça m’apparaît clairement, j’écris la scène.
2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Mon ordinateur portable me souffle le chiffre 23. Mais bon, pour ce que j’accorde comme crédit aux machines.
3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Il y en a beaucoup ! Je rêverais d’aller pêcher la truite avec le vieux Sunderson, de Jim Harrison, ou encore de parler psychanalyse avec Alexander Portnoy. Mais puisqu’on parle de Noir, j’irais volontiers boire une Suze avec Burma, à la terrasse d’un café du IIème. Quelle classe, ce type. Même si je l’ai découvert sous les traits de Guy Marchand, quand j’étais en primaire.
4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
Me transformer en super sayan. Pour les cheveux jaunes qui brillent, pour voler comme un avion et exploser des planètes.
5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)
Le lecteur est indissociable du livre. Pour moi, il le complète par l’investissement personnel qu’il engage dans sa lecture. D’une manière où d’une autre, je pense à lui quand j’écris, même si ce lui est, dans un premier temps, mon moi lecteur. Très clair, n’est-ce pas ? Bon, la réponse est non !
6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
J’ai commencé à écrire des histoires quand j’étais tout gamin. Des chansons, aussi. Mais la première envie d’écrire de la littérature, une nouvelle en l’occurrence, je la dois à la ville de Meknès, au Maroc. Son atmosphère, sa musique, son aura. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est là-bas que j’ai eu le déclic.
7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?
Absolument. Le sang se mélange à l’encre d’une manière ou d’une autre. Mais j’évite, dans la mesure du possible, que mon bouquin ait une gueule de transfusion.
8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?
Je ne pense pas que l’anonymat favoriserait la création littéraire. Loin de là. Beaucoup trop d’ego en jeu. Par contre, je pourrais tout à fait publier sous un pseudonyme. Je trouve ça assez cool d’être lu de façon anonyme, tout en étant seul à connaître la vérité. Après, je mettrais sûrement dans la confidence une ou deux personnes de mon entourage proche. Pour me flatter un peu, quand même.
9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
Je suis passionné du roman noir, du film noir aussi, depuis tout gosse. Je pense que tout ça est directement lié à mon histoire personnelle. J’ai toujours vu le monde avec les lunettes du They Live de John Carpenter. ça ne m’empêche pas pour autant de lire beaucoup d’autres genres, mais quand il s’agit d’écrire, je m’oriente naturellement dans cette voie.
10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Du café, du temps et du calme. L’inspiration, éventuellement !
11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Le protagoniste des livres de Dany Laferrière. La plupart de ses romans sont très autobiographiques, alors je me dis que quand je serai nommé académicien, j’aimerais bien être assis à côté de lui ! Plus sérieusement, je trouve son personnage vraiment touchant, et certains de ses livres m’ont beaucoup apportés en tant qu’écrivain, je crois.
12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
Je n’ai aucune idée de mon taux de déchets, mais j’imagine qu’il est assez élevé. Sur mon premier roman, j’ai passé beaucoup de temps à corriger, enlever, remplacer. Je suis incapable de quantifier tout ça.
Pour ce qui est des brouillons, travaux préparatoires, je serais super intéressé de voir ce que ça peut représenter sur une fresque historique, genre Guerre et Paix. J’ai déjà lu des articles sur ce sujet, ça me parait inconcevable de traiter et ordonner une telle montagne d’informations en y ajoutant de la fiction.
Sinon j’aime beaucoup aussi la narrative non-fiction, le travail d’auteurs comme Adrien Bosc. Je serais assez curieux de me faire une idée, en termes de recherches, du boulot que représentent des œuvres comme les siennes.

Trophée Anonym’us, l’interview de la semaine : David Patsouris

Trophée Anonym’us, l’interview de la semaine : David Patsouris

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jeudi 1 novembre 2018

L’interview de la semaine : David Patsouris

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.
 
 
Aujourd’hui l’interview de David Patsouris
 
 
David Patsouris.
 
 
1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?
Bande de psychopathes !
Non, pas du tout. J’ai trois enfants et je n’ai pas envie de me comporter avec eux comme se comportent mes personnages de roman. Quand j’écris, je suis dedans, à l’intérieur de l’histoire, du rythme et des mots de mes personnages, mais quand je n’écris plus, je suis moi. Je me concentre assez vite et je coupe assez vite aussi. Je peux me remettre dans le texte en une minute et m’en sortir en quelques secondes. Et heureusement !Donc, pour répondre directement, certains, peut-être, moi, non, du tout.
2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Je crois qu’il se trompe. La bonne réponse à cette question, c’est 37. Et ça me semble évident. 
3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Dave Klein, le héros de « White jazz » de James Ellroy, le dernier roman du quatuor de Los Angeles,écrit à la première personne, un livre que beaucoup trouvent illisible mais qui me semble être le sommetd’Ellroy. Dave Klein est très méchant. C’est un vrai fils de pute mais j’ai lu et relu tant de fois « Whitejazz » que j’aimerais bien boire une bière avec lui. Je sais pas de quoi on parlerait. Lui est un fliccorrompu jusqu’à la moëlle et moi un gentil père de famille. Y aurait peut-être des blancs dans laconversation. Peut-être qu’il quitterait la table du rade au bout de cinq minutes, je ne sais pas. Je luidemanderai comment il a réussi à trouver cette écriture si fascinante, sin incroyablement sensitive. Je lequestionnerait sur la fin duroman : as-tu bel et bien retrouvé Glenda après toutes ces années ? Que t’a-t-elle dit quand elle t’a revu ? Pourquoi n’as tu pas écrit tout ça ? Pourquoi m’as tu laissé en rade à la fin de « White jazz » ? Ouais, je crois qu’il m’enverrait bouler et qu’il se barrerait…
4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
Ceux de Spiderman. Mon fils, qui adore Peter Parker, serait sur le cul.Mes deux filles aussi.
5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)
Je n’écris ni pour ma mère ni pour les autres. Donc j’imagine que oui. J’ai longtemps écrit pour absolument personne et je crois que ça continue ainsi. J’écris des trucs qui me plaisent. Des choses qui me font décoller, qui m’emmènent ailleurs, qui me perdent un peu. J’ai publié deux romans aux éditions du Rouergue. Aucun n’a eu de succès. Ces deux livres ont eu très peu de lecteurs et je crois que ça ne merend pas malade. Voir le livre édité, avec ton nom et le titre et les pages remplies de tes phrases te faittriquer quelques semaines la première fois, quelques jours la deuxième fois mais finalement tu passesrapidement à autre chose. Je ne relis pas ces livres. Je ne reste pas des heures à regarder le bouquin. Jene m’astique pas dessus. Le vrai kiff n’arrive qu’en écrivant. Le vrai plaisir, c’est l’écriture. Qu’on soit lu ou pas.
6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
J’avais écrit un poème sur un oiseau lyre quand j’avais sept ou huit ans et puis plus rien. J’ai refait des phrases à dix-sept ans, le soir où j’ai appris que mon grand-père paternel n’en avait plus que pour quelques semaines. Et je ne me suis jamais arrêté.
7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?
L’écriture-souffrance n’a jamais été mon truc. J’écris parce que ça me fait kiffer. Sans plaisir, putain, mais autant faire autre chose ! Après, j’ai toujours pensé, comme Louis Calaferte le disait si bien, que passer une bonne partie de sa vie devant un écran (ou une feuille blanche) à raconter des trucs n’était pas forcément très sain. Ce besoin traduit fatalement un manque quelque part. Ça comble peut-être un truc dans ta tête. Y a des choses qui ressortent. Des fois, tu le vois même pas. Des fois, tu ne t’en rends même pas compte. Souvent, le texte est plus intelligent que toi. Incroyable, non ?
8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?
Il se publie environ cent livres de tous genres par jour en France. Sans signature, il y en aurait beaucoup moins, c’est évident. Tant de gens publient un livre pour se montrer, pour exister, pour, non pas écrire,mais être regardé comme un auteur. La vanité est (trop) souvent un moteur bien plus puissant que l’écriture elle-même… Tant de personnes ne veulent juste que leur nom sur la couverture d’un livre. Si les éditeurs ne publiaient que les livres sincères, véritablement sincères, et les livres écrits, véritablement écrits, combien en resteraient-ils dans les rayons des librairies ? Pour ma part, encore une fois, mon truc, c’est de faire des phrases. Même pas de fabriquer des histoires (j’ai du mal à construire des intrigues qui tiennent à peu près la route), juste de faire des phrases. Je passe ma vie à ça (je suis journaliste de presse écrite). Alors si je n’écris plus, qu’est-ce que je vais faire ? Bref, publier anonymement ne poserait aucun problème.
9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
Je suis tombé amoureux du noir le jour où j’ai lu les premières pages de « Lune sanglante » de James Ellroy, conseillé par un copain. C’était le premier roman noir que je lisais. J’avais vingt ans et des brouettes. Et j’ai immédiatement cessé d’écrire de la poésie ou de vouloir écrire, comme on dit, de la blanche.J’ai dévoré les romans noirs et j’ai adoré et, forcément, j’en ai écrit. Le roman noir est un cadre incroyablement rigide et plastique en même temps : il t’oblige à raconter un truc, à bâtir une intrigue et te permet de parler de tout, d’aller dans tous les genres : le mélo, la comédie, le social, l’action, etc. Surtout, il te fait voyager comme aucun autre genre. Dans la vie réelle, je n’ai jamais tué personne. Sur mon ordinateur si. Vivre d’autres vies que la sienne n’est pas donné à tout le monde. C’est ce que me permet le roman noir.
10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Être seul devant mon ordi avec du temps devant moi et de la bonne musique (enfin bonne, celle que j’aime quoi!).
11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Poulou. C’est un surfeur bien gauchiste accusé à tort du meurtre d’un directeur de cabinet dans « Ainsi débute la chasse », mon deuxième roman publié en 2017 au Rouergue Noir. Il est aussi le personnage principal de mon troisième roman, que je suis en train d’achever. Ce livre raconte la même histoire que le précédent, mais du point de vue de Poulou, et non plus, comme dans « la chasse », de Charly, qui, lui, est un vrai tueur. Ce troisième livre, un roman noir évidemment, est une comédie, enfin, veut faire rire. Et j’adore Poulou. C’est un type chouette, sincère, poissard mais toujours positif, incroyablement positif, positif jusqu’à l’aveuglement. Il surfe hyper bien et il sort avec La Belle Alex, une bombasse qui passe son temps à le tromper et qui veut un enfant de lui. Il n’a pas une vie facile mais avoir un pote comme lui rend forcément la vie plus belle. Quelque part, c’est mon pote puisque j’écris son histoire. À part lui, ce serait la vraie classe d’être l’ami de John Fante (enfin, de Bandini ou de Molise, ses doubles dans ses livres). On boirait des coups chez lui en parlant de Stupide, de la vie, de la mort, des femmes, des enfants et de l’écriture.
12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
Je jette peu. Même si avec les ordinateurs aujourd’hui, finalement, on ne s’en rend plus trop compte. Si je dois virer un passage où une image me plaît, je la garde pour plus tard. Je suis radin. Et puis l’écriture à l’os tant louée aujourd’hui, décharnée, sans mots, sans adjectifs, sans rien finalement, me casse les couilles. Je retravaille le texte jusqu’à ce qu’il corresponde exactement à ce que je voulais. Mais je ne prends ni hache ni massicot et ça ressemble quand même souvent pas mal au premiers mots écrits sur l’ordi. Ce qui ne m’empêche pas d’écouter ce que me dit, par exemple, mon éditrice au Rouergue, Nathalie Démoulin. Je n’obtempère pas toujours mais des fois, si. Quant aux bouillons auxquels j’aimerais avoir accès, je ne sais pas, ceux d’Ellroy, de Manchette, de Robin Cook, de Pierre Siniac, d’Hervé Le Corre, d’Hugues Pagan ou d’Hammett pourquoi pas.

Trophée Anonym’us, l’interview de la semaine : Ahmed Tiab

Trophée Anonym’us

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mercredi 24 octobre 2018

L’interview de la semaine : Ahmed Tiab

Ahmed-TIAB

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

Aujourd’hui l’interview de Ahmed Tiab

 
1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?
Bande de psychopathes !
Non ! Il est parfois agaçant de voir certaines “attitudes” dans les salons.
2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Gné??!!!
3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Heu…Gérard Depardieu (ça compte?)
4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
Penser comme une femme. Juste pour voir.
5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)
Oui.
6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
L’ennui.
7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?
Doit-on vérifier si on n’a pas les doigts qui puent avant de se mettre à écrire?
8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?
Plus. Oui.
9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
J’ai pas choisi. Choisir c’est réfléchir.
10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Un bon cafard.
11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Un personnage de Milo Manara.
12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
N’ayant pas une âme de collectionneur, j’en sais fichtre rien.