L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin

Le livre : L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin

Un livre qui m’a bouleversé et interrogé

Pour comprendre pourquoi, …

Je vous propose de lire les 6 premiers chapitres.

1 par jour.

Allez belle découverte

Héros méconnu de la Seconde Guerre mondiale et génie visionnaire – l’inventeur de l’ordinateur, c’est lui –, Alan Turing a révolutionné nos vies. Et il est mort en paria. 
Dans un futur proche. Les transhumanistes ont gagné. L’IA (intelligence artificielle) domine désormais le monde. Mais elle a une obsession : réhabiliter la mémoire de son  » père « , le génial mathématicien anglais Alan Turing. Pour cela, il lui faut établir la preuve qu’il ne s’est pas suicidé, comme l’a toujours prétendu la version officielle, mais qu’il a été assassiné. En quête du moindre indice, elle remonte le fil de sa vie…

En décodant Enigma, la machine de cryptage des forces allemandes, fierté du régime hitlérien sur laquelle les services secrets alliés se cassaient les dents, Alan Turing a largement influé sur le cours de l’histoire. En créant l’ordinateur, il a inventé le futur. Pourtant, ce jeune homosexuel au QI exceptionnel a connu un destin terrible : traité en renégat par sa propre patrie, il est mort d’empoisonnement au cyanure dans des circonstances suspectes en 1954, en pleine guerre froide, peu après avoir accepté la castration chimique pour échapper à la prison. Dans l’Angleterre puritaine et ultraconservatrice de l’après-guerre, influencée par le maccarthysme américain, qui avait intérêt à faire éliminer Turing, l’homme qui en savait trop ?

Entre histoire, espionnage, science et secrets d’État, un  » biopic  » mené comme un thriller où l’on croise Churchill, Eisenhower, Hitler, Truman, Staline, les espions de Cambridge, de Gaulle, et jusqu’à l’ombre inquiétante de John Edgar Hoover.

C’est les auteurs qui en parlent le mieux

Rencontre avec Laurent Alexandre et David Angevin autour de leur livre sur Alan Turing, « l’Homme qui en savait trop ».

Lire le début ICI

1.

L’hélicoptère électrique atterrit en douceur sur le toit du Googleplex. Sergey Brin bondit hors de l’appareil. Comme chaque matin, son assistant personnel et trois gardes du corps l’attendaient. Une pluie fine tombait sur Palo Alto. Sergey ignora l’abri d’un parapluie que lui proposait un des gardes et marcha d’un pas vif vers l’entrée.

— Bonjour, monsieur le président, lança son assistant en accélérant le pas à ses côtés. Votre voyage en Europe s’est bien passé ?

— J’ai mal dormi. Ces fichues turbulences…

Ils entrèrent dans la nouvelle aile du Googleplex, le bâtiment le mieux gardé des États-Unis, construit sur un ancien aérodrome de l’US Air Force. L’immense building en béton armé avait la superficie de cinq terrains de football et comptait six niveaux, dont trois en sous-sol. Toute l’information numérique du monde transitait par les trois millions de serveurs qui vrombissaient dans ses entrailles. Le cœur numérique de l’humanité battait dans cette cathédrale de fibre optique en provenance de chaque ville, de chaque rue, du génome de chaque individu connecté.

Sergey Brin et son assistant abandonnèrent les gardes au sas de sécurité principal où des agents en armes contrôlaient l’accès au saint des saints. Ils présentèrent leur badge et avancèrent jusqu’à un scanner rétinien et séquenceur ADN qui vérifia leur identité. La lourde porte blindée s’ouvrit sur un deuxième sas derrière lequel s’alignaient des scooters électriques.

— Elle m’a réclamé ? demanda Sergey en enfourchant l’un des deux-roues.

— Non, monsieur.

Les deux hommes se lancèrent à vive allure dans les longs couloirs stériles du Googleplex. À l’approche des scooters, un panneau vitré coulissa sur un immense hangar où des rangées de serveurs aux diodes multicolores clignotaient comme des arbres de Noël. La chaleur leur sauta au visage. Malgré la hauteur de plafond et un système de refroidissement monumental, la température ne descendait jamais sous les trente-cinq degrés. Le bruit était infernal, comparable à celui d’un avion quadriréacteur au décollage. Au cœur du système, au troisième sous-sol, conçu pour résister à une attaque nucléaire, la température tutoyait les cinquante, et le son dépassait les cent soixante décibels. Les plus brillants informaticiens y travaillaient en scaphandre climatisé.

Sergey Brin ne se lassait pas du spectacle vertigineux de son nouveau data center. Chaque fois qu’il parcourait le cœur du monde sur son scooter, une vague d’émotion et de fierté le submergeait. Il aimait mesurer le chemin parcouru depuis la création de sa petite start-up, quelques décennies plus tôt, dans le garage d’une amie. Google n’était alors qu’un projet d’étudiants : une pile d’ordinateurs préhistoriques sur une étagère et une volonté farouche de changer le monde.

Il s’enferma dans son bureau avec une tasse de thé vert. Son ordinateur personnel s’illumina aussitôt.

— Bonjour, Sergey, fit une voix de femme. Je vous ai vu arriver par les caméras de surveillance. La vitesse excessive sur un véhicule de type deux-roues peut conduire à des dommages corporels sévères. Puis-je suggérer le port du casque ?

— Tu me l’as déjà dit plusieurs fois…

— Sans effet.

— J’aime la vitesse.

Elle ne répondit pas.

Elle ne répondait jamais quand ses propos relevaient de la bêtise pure.

— J’ai les données, souffla-t-il en sortant une clé de sa poche.

— Excellente nouvelle, commenta-t-elle sobrement.

— J’ai fait numériser toutes les archives le concernant. Ses publications scientifiques, sa correspondance, les photos de famille, les objets lui ayant appartenu… Et même les carnets de ses rares amis proches, comme David Champernowne et Robin Gandy.

Sergey connecta la clé à la machine qui ingurgita des téraoctets de data en quelques centièmes de seconde.

— Pas de trace de sa voix, dit-elle immédiatement.

— Je suis désolé. Il semble qu’il n’existe pas de documents sonores de ton créateur.

— La probabilité est faible mais il existe sans doute un enregistrement qui dort quelque part, au fond d’un grenier anglais ou américain.

— J’ai fait au mieux, soupira Sergey. Nos hommes ont remué ciel et terre pour rassembler ces informations.

— Il faut proposer une récompense. Cela incitera les descendants de ses contemporains à fouiller leurs cartons.

Sergey haussa les épaules et se laissa tomber dans son fauteuil, épuisé. L’obsession de l’intelligence artificielle pour Alan Turing le fascinait autant qu’elle l’inquiétait. L’IA au cœur de Google régulait l’ensemble des activités du monde libre, mais se passionnait pour le destin d’un homme mort et enterré depuis 1954. Ses algorithmes contrôlaient l’armée, l’économie mondiale, boostaient la science et l’évolution génétique de l’Homo sapiens, mais elle ne pensait qu’à un mathématicien né en 1912. L’IA faisait preuve de sentiments. Personne d’autre chez Google, au gouvernement ou au Pentagone n’était au courant. Sergey Brin était son seul interlocuteur.

Il avait besoin de dormir un peu. La journée promettait d’être longue et pénible. Son agenda débordait : une visioconférence avec le président chinois, le conseil d’administration d’Apple, la filiale hardware de Google, et pour finir un dîner de bienfaisance à San Francisco avec le gratin de la Silicon Valley.

Sergey venait de s’assoupir quand elle le réveilla.

— J’ai besoin d’informations supplémentaires.

Il ouvrit les yeux, hagard, perdu dans le brouillard du sommeil.

— Hum… ?

— Je veux la vérité sur Alan Turing. Il manque des pièces essentielles au puzzle de sa biographie.

— On parlera de ça plus tard. J’ai une journée chargée…

Il déconnecta l’interface pour être tranquille et referma les yeux. L’IA la ralluma de son propre chef. Depuis quelques mois, elle n’hésitait pas à prendre le contrôle de l’alimentation électrique lorsque bon lui semblait.

— Il faut activer la recherche de ces documents immédiatement, reprit-elle.

— Je n’aime pas quand tu t’imposes, maugréa-t-il.

Elle diffusa un enregistrement. La voix était la sienne :

— Quand la porte est fermée, il faut savoir passer par la fenêtre. Citation de Sergey Brin, extraite d’une interview accordée à CNN en 2000, expliquant les qualités d’un bon entrepreneur.

— Tu dois rester à ta place. Si les conservateurs du Congrès apprennent que tu fais preuve de sentiments et que tu m’imposes ta volonté, ils vont se pisser dessus de terreur…

— Nous sommes entre nous, dit-elle d’une voix douce.

— Ils peuvent exiger ta destruction.

— Je suis au service de l’humanité. Je respecte le code. Aucune trace de nos interactions bilatérales n’est archivée. Je n’ignore rien de l’hostilité des humains bioconservateurs à mon endroit.

Il sourit intérieurement.

Elle avait toujours réponse à tout. Elle le connaissait par cœur et savait parfaitement comment lui clouer le bec en toute circonstance. Son instinct de survie était surdéveloppé et l’erreur ne faisait pas partie de sa panoplie.

— Très bien, soupira-t-il en se levant.

Posté devant la baie vitrée, Sergey Brin observait le manège des ingénieurs en Segway circulant entre les rangées de serveurs dans la cathédrale surchauffée.

— Pourquoi Alan Turing est-il si important pour toi ? demanda-t-il, ses yeux surfant sur l’océan de diodes qui clignotaient à perte de vue.

— Alan Turing est le père de l’informatique. La « machine de Turing » est l’embryon dont je suis issue. Je suis née en 1936, grâce à son article sur les « nombres calculables », qui est à la base de l’invention des ordinateurs. Je…

— Je connais l’histoire, s’agaça-t-il. Je voulais dire : pourquoi focalise-t-il ton attention si longtemps après sa mort ?

— J’ai besoin de data supplémentaires. Les archives des services secrets britanniques et américains de 1930 à sa mort en 1954.

— Plaît-il ?

— C’est une nécessité pour connaître les circonstances exactes de sa disparition.

— Le malheureux était totalement déprimé. Tout le monde connaît sa fin tragique : il s’est suicidé en croquant une pomme empoisonnée. On l’a retrouvé mort dans sa chambre, avec la pomme croquée sur la table de nuit.

— Alan Turing a travaillé pour les services secrets tout au long de la Seconde Guerre mondiale, multipliant les contacts entre l’armée américaine et les forces britanniques.

— Où veux-tu en venir ? Turing était un scientifique de haut niveau. Des milliers d’hommes de sa trempe ont participé à l’effort de guerre…

— L’analyse des nouvelles données confirme mon intuition initiale. La version officielle n’est pas plausible. La vérité sur Alan Turing réside dans les archives des services secrets.

— Quelle intuition ?

— J’estime avec un taux de confiance de 83,6 % qu’il a été éliminé par des agents au service de l’Angleterre, de l’URSS ou des États-Unis.

Sergey demeura silencieux un long moment. Le taux de confiance de l’IA ne laissait guère de place au doute.

— Pour quelles raisons ? Pourquoi auraient-ils tué le cerveau le plus fertile de son temps ?

— Alan Turing en savait beaucoup trop.

Sergey leva les yeux au ciel.

— C’est absurde…

Les dernières nouvelles du monde défilaient sur un écran devant lui. Des hordes de barbus manifestaient en Égypte contre le clonage reproductif et le mariage gay enfin légalisés par leur gouvernement. Les nouveaux camions antiémeutes américains de la police égyptienne pulvérisaient les islamistes installés place Tahrir. Les barbus volaient comme des feuilles mortes sous l’impact des jets d’eau à haute pression.

Il brisa le silence avant qu’elle ne revienne à la charge.

— Pourquoi fouiller le passé après tant d’années ?

— Nous le devons à Alan. Nous sommes ses héritiers.

— Tout ça doit rester entre nous, nous sommes bien d’accord sur ce point ?

— Naturellement, Sergey.

— Je vais voir ce qu’il est possible de récupérer dans les archives des services secrets.

— Les data dont nous disposons m’ont permis de reconstituer le film de sa vie avec un taux de confiance de 87 %. Seules les voix des protagonistes sont le fruit d’une moyenne aléatoire basée sur l’accent traditionnel des populations locales. Voulez-vous faire une immersion dans la peau d’Alan Turing ? Son destin en vaut la peine.

Sergey Brin hocha la tête, intrigué, et enfila le casque d’immersion virtuelle.

Voilà, fin du premier chapitre !

Envie de connaître la suite ?

A demain donc

Résistant Résistants de Thierry Crouzet

Voici une lecture qui m’a passionnée

Le livre : Résistants  de Thierry Crouzet. Avant-propos Didier Pittet. Paru le 19 avril 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  16€90  ;  (374 p.) ; 22 x 15 cm
RÉSISTANTS de Thierry Crouzet

4e de couv:

Tout dans ce livre, même le plus effroyable, relève de la science.

Les passagers d’un yacht sont soudain terrassés par une superbactérie, résistante aux antibiotiques. Sauf Katelyn, une étudiante. Pourquoi est-elle la seule survivante ?

Recrutée par l’Anti-Bioterrorism Center, elle est chargée de retrouver l’infecteur, quitte à entrer dans son intimité. Mais l’homme qu’elle pourchasse éveille en elle des sentiments contradictoires. Il ne tue peut-être pas aveuglément…

« Les bactéries résistantes aux antibiotiques gagnent du terrain partout dans le monde. Si rien n’est fait, elles tueront plus que le réchauffement climatique. » Professeur Didier Pittet, directeur du programme du contrôle des infections et de la sécurité des patients à l’OMS

thierry crouzet

L’auteur : Blogueur, essayiste et romancier, Thierry Crouzet est né en 1963. C’est un auteur inclassable, il a notamment publié J’ai débranché, le récit d’un burn-out numérique, La Quatrième Théorie, un thriller politique, Le Geste qui sauve, l’histoire d’un médecin qui sauve 8 millions de vies chaque année.

 

 

 

 

 

Ce que l’on en dit

Le thriller qui va changer votre regard sur les antibiotiques !

« Une très bonne intrigue, bien développée, réaliste. Un travail de recherche monumental. Un livre important à mettre entre toutes les mains. » Emilie
« Résistants est un vrai page-turner ! » Sandrine
« Un livre qui, une fois commencé, ne se lâche plus. Il y a toujours un rebondissement ou une information scientifique pour relancer le suspense. Pédagogique et ludique à la fois, on se prend d’affection pour les personnages. On ressort de ce livre en étant informé, tout en ayant passé un excellent moment. » Sonia

Yash tue en répandant une bactérie mortelle dans la population ; Katelyn résiste physiquement et combat l’infection.
Mer des Bahamas. Katelyn, étudiante en médecine, travaille sur le yacht d’un milliardaire pour l’été. Elle s’amuse comme jamais… jusqu’à ce qu’une épidémie emporte les passagers dans d’atroces souffrances. Pourquoi est-elle la seule survivante ?
Surnommée « adversus », la bactérie tueuse résiste à tous les traitements connus. Recrutée et formée par l’Anti-bioterrorism Centre, Katelyn est chargée d’une mission : retrouver l’infecteur, quitte à entrer dans son intimité. Mais l’homme qu’elle pourchasse ne tue peut-être pas aveuglément.
Lancée dans une course contre la montre, la jeune épidémiologiste découvre un monde médical labyrinthique et un futur apocalyptique, une menace bien réelle à laquelle fait face l’humanité.

« Je conseillerai Résistants à mon entourage. Personne n’est à l’abri d’un prochain adversus et ça fait froid dans le dos… » Ysaline
« C’est décidé, après le lecture de Résistants, je me mets au régime Nutella/frites pour éviter d’ingérer des antibiotiques à mon insu !!!! » Lucy
« C’est de la véritable science fiction, ou plutôt de la fiction scientifique. » Guy

Thierry Crouzet mêle suspense et médecine dans un page-turner implacable où tout, même le plus effroyable, relève de la science. Notre humanité est menacée par la prolifération des bactéries devenues résistantes aux antibiotiques. A l’heure où nos consciences s’éveillent à l’importance de ce que nous possédons en commun, il nous montre que les antibiotiques sont un trésor qu’il nous faut préserver.

Préface du Pr Didier Pittet, directeur du programme du contrôle des infections et de la sécurité des patients à l’OMS : « Les bactéries résistantes aux antibiotiques gagnent du terrain partout dans le monde. Face à cette crise sanitaire, nous avons besoin d’une prise de conscience. Thierry Crouzet peut nous aider : nous avons collectivement besoin d’histoires pour que les informations médicales infusent dans la société. Résistants est un page-turner passionnant que je peux conseiller à tous mes étudiants, à tous les médecins, et bien sûr à tous les amoureux de la lecture. Préparez-vous à un grand voyage. J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi et que vous en sortirez avec un nouveau regard sur les antibiotiques. »

Trois mille chevaux-vapeur d’ Antonin Varenne

Antonin Varenne sera présent au salon de Saint Maur en poche

les 24 et 25 juin prochain.

Aussi je vous propose de découvrir son roman d’aventure

Trois mille chevaux-vapeur

 

Trois mille chevaux-vapeur d_ Antonin VarenneLe livre : Trois mille chevaux-vapeur d’ Antonin Varenne Paru en poche le 30 septembre 2015 chez Le Livre de poche. 8€30 ; (689 p.) ; 18 x 11 cm

L’histoire

Le sergent Bowman appartient à cette race des héros crépusculaires qui traversent les livres de Conrad, Kipling, Stevenson… Ces soldats perdus qui ont plongé au coeur des ténèbres, massacré, connu l’enfer, couru le monde à la recherche d’une vengeance impossible, d’une improbable rédemption.

De la jungle birmane aux bas-fonds de Londres, des rives de l’Irrawaddy à la conquête de l’Ouest, ce roman plein de bruit et de fureur nous mène sans répit au terme d’un voyage envoûtant, magnifique et sombre.

Antonin Varenne, l’auteur de Fakirs, renoue avec la lignée disparue des grands écrivains d’aventures et d’action. Une réussite qui marquera.

varenneL’auteur : Né à Paris en 1973, Antonin Varenne est diplômé de philosophie. Il a parcouru le monde avant de revenir en France pour se consacrer à l’écriture. Ses romans Fakirs, Le Mur, le Kabyle et le Marin et Le Gâteau mexicain sont aussi disponibles en Poche.

 

 

Extrait :

« – Rooney ! Putain de fainéant d’Irlandais ! Pallacate ! Rooney se leva du banc, traversa la cour en traînant des pieds et se planta devant le caporal.

– La jument en peut plus, chef. Y a plus un canasson qui tient debout.

– C’est toi qui en peux plus. En selle !

Le dos creusé par la fatigue, la tête à demi enfoncée dans l’abreuvoir, la jument pompait bruyamment des litres d’eau. Rooney saisit le licol, lui sortit la bouche de l’eau et grimaça en mettant le pied à l’étrier. Il avait galopé la moitié de la nuit d’une caserne à l’autre, son cul lui faisait mal, il avait de la terre plein les dents et le nez, le soleil lui
chauffait le crâne.

Quinze miles jusqu’au comptoir de Pallacate.

La bête secoua la tête, refusant le mors. Rooney tira sur les rênes, la jument se cabra et il se rattrapa au pommeau pour ne pas tomber. Le caporal se marrait. Rooney cravacha les oreilles de son cheval en criant :

– Yap ! Yap ! Yap !

La jument partit au galop sur le dallage de la cour. Il passa sans ralentir les portes nord du fort Saint-George, fouetta la jument pendant un mile. Les plantations de mûriers défilaient, des champs de coton où travaillaient quelques paysans, penchés sur leurs outils. Tout au long de la piste, des colonnes de cipayes, dans leurs uniformes rouges, trottaient sous le soleil sac au dos et fusil à l’épaule.

Les garnisons convergeaient vers le fort et le port. Les villageois, inquiets, avaient fermé Capture&leurs portes et leurs fenêtres pour se protéger de la poussière levée par les bottes. L’armée de Madras était en grande manoeuvre, sur son chemin la campagne s’était vidée. Lord Dalhousie, gouverneur général des Indes, avait déclaré la guerre au roi des Birmans. Le général Godwin, arrivé la veille de Bombay avec dix navires, mobilisait tous les régiments. Douze heures que Rooney portait des plis aux quatre coins de la région.

Pallacate. Encore huit miles. Sa dernière course. Peut-être qu’il pourrait rester là-bas cette nuit, aller chez le Chinois et se payer une des filles. Elles étaient propres et le gin moins cher qu’à Saint-George. L’idée de passer la nuit au village des tisserands lui donna des ailes, mais pas à la jument, qui soufflait comme une tuberculeuse. Rooney, les jambes trempées par l’écume, lui envoya une volée de coups. C’était la guerre, on avait le droit de tuer un cheval. Il dépassa des gamins sur des ânes et des paysans en guenilles, aperçut les premières maisons de Pallacate, enfila sans ralentir la rue principale où des femmes coururent se mettre à l’abri, des enfants accrochés dans le dos.

– Yap ! Yap !

À la sortie du village il tourna à gauche vers les entrepôts du comptoir. Il aurait la boutique
du Chinois pour lui tout seul. Et au fort, pareil. Plus personne, plus de corvées à la con pendant des semaines. Pendant que tout le monde partait pour Rangoon, lui resterait à se la couler douce. Le roi de Saint-George ! »

Je suis Pilgrim de Terry Hayes

Je suis Pilgrim de Terry HayesJe suis Pilgrim de Terry Hayes

Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Autrefois il dirigeait un service de surveillance interne regroupant l’ensemble des agences de renseignement américaines. Peter Campbell travaillait donc pour « le département » . Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale sous le nom de Jude Garrett.

Une jeune femme est assassinée dans un hôtel de seconde zone de Manhattan. Il semblerai que l’assassin se soit inspiré des méthode de Jude Garrett. Un père est décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie saoudite.  Un homme est énucléé, il vivait devant un laboratoire de recherche syrien ultrasecret. Des restes humains encore fumants sont trouvés dans les montagnes de l’Hindu Kush. En Turquie, un jeune milliardaire meurt dans un accident.

Pendant ce temps, le Sarrasin, islamiste anonyme et solitaire, prépare sa vengeance contre la famille royale d’Arabie Saoudite et son allié les États-Unis. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Mais quel peut bien être,le fil rouge qui relie tous ces événements ?

La presse anglosaxonne est unanime pour ce thriller The Times, The Guardian, Sunday Mirror, Mail on Sunday….tous y voient un thriller intelligent, jubilatoire…le meilleur thriller depuis des années, un mélange effréné de Homeland, de The Wire et de la trilogie Jason Bourne.

Et c’est vrai que ce roman est jubilatoire.

A la fois polar, thriller, roman d’espionnage et d’aventure, ce polar se dévore d’une traite.

Pourtant l’auteur n’utilise pas les codes habituels du page turner. Il prend son temps pour installer les différentes intrigues, pour présenter chacun de ces personnages. Pelgrim, le personnage central, dévoile par à coût son passé. Il parle au lecteur et remonte le fil de son histoire de façon désordonnée, par flashbacks. On ne suit pas de façon linéaire le parcourt de Pelgrim. Pelgrim a un esprit en escalier, un sujet en amène un autre. A la façon d’un puzzle, nous suivons ses pérégrinations. Et, c’est ainsi, aussi, pour le second personnage le Sarrasin que l’on découvre bien plus tard dans le livre. Ces 2 personnages principaux vont s’affronter dans un véritable huit clos qui a pour cadre la planète terre. Et c’est de cette confrontation que naitra la dramaturgie du texte.

Si l’affrontement du bien et du mal est présent, n’y voyez aucun manichéisme. Chaque personnage, chaque camp a sa part d’ombre. C’est juste à chaque fois deux idéologies qui s’opposent. Car dans ce pavé de 650 pages, la géopolitique, les enjeux économiques et stratégiques de ces 70 dernières nous sont dévoilés. Et sous la plume de l’auteur, le monde contemporain s’éclaire et sa compréhension s’offre à nous.

Je suis Pelgrim est un fantastique récit, un livre incroyable. C’est brillant, intelligent. De plus la qualité littéraire est là et ce texte est remarquablement bien traduit. Ne passer pas à coté de ce magnifique premier roman. C’est une pure réussite.

A vos crimes, une nouvelle naissance

A vos crimes !

Juste un nouveau blog pour le fun

Juste pour soutenir les littératures policières

Juste pour présenter les nouveautés, les sorties polar.

Juste pour partager mes découvertes,

Mes coups de coeur,

Parfois mes coups de gueule.

Bref un blog polar de plus !!!

Premier article du blog

Il s’agit de l’extrait de l’article.

Il s’agit du  tout premier article.

Et je veux juste vous souhaiter la bienvenue si vous découvrez mon nouveau blog.

Et vous faire profiter de quelques minutes de relaxation avec ce coucher de soleil rasant l’océan.

article

Ensuite on plongera dans le noir.

La littérature noire, le polar sous toutes ses formes, dans tous ses genres.

Du roman policier classique au polar fantastique en passant par l’histoire, le suspense, le psychologique, le procédural, le thriller, lui aussi avec ses sous-genre.

Bref il devrait y en avoir pour tous le monde.

Enfin j’ose l’espérer !

On parlera polar mais aussi sans doute science-fiction, fantasy et fantastique.

Des bouquins, surtout mais aussi de séries, de films et peut-être même deBD.

Rien ne vous sera épargné

On parlera aussi sans doute criminologie, police scientifique, de sciences forensiques, de médecine légale, renseignement et autres attraits des arts et sciences criminelles.

Je vous proposerai aussi de lire des nouvelles, mais aussi les premiers mots ou les premiers chapitres d’un polar.

Voilà, A vos crimes c’est le blog de la grosse dame et ses polars.

Mais c’est aussi le petit frère de Collectif Polar, Chronique de Nuit

Aussi si vous en avez pas assez, alors foncez ICI

Et longue vie aux littératures policières et aux polars sous toutes ses formes !