Trophée Anonym’us : Interview Marie-Hélène Branciard

Cette semaine sera une semaine Anonym’us

Et nous la débuterons par une Interview


Anonym’us

Les Mots sans les Noms

Trophée Anonym’us : Interview

Marie-Hélène Branciard

Marie Hélène Branciard

Jeudi 2 novembre 2017

Une auteure sur la Terrasse : Marie-Hélène Branciard

 

  1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?

J’ai écrit mon premier roman, Les loups du remords, en quatre ou cinq ans pendant les week-ends et les vacances. Quand j’ai été satisfaite du résultat, je l’ai fait relire à quelques amis. Je l’ai corrigé en fonction de leurs remarques avant de l’envoyer à quelques éditeurs. C’était trop long (450 pages), surtout pour un premier roman, mais ça je l’ai su après… J’ai reçu des lettres de refus types, assez désespérantes.

Je l’ai relu en essayant de comprendre ce qui n’allait pas et je l’ai remanié. J’ai envoyé cette deuxième version à d’autres éditeurs. Là, j’ai eu deux ou trois lettres argumentées avec de précieux conseils. J’ai suivi les conseils, supprimé une centaine de pages et modifié une troisième fois mon roman avant de le renvoyer.

J’ai enfin eu une réponse positive et publié mon roman chez Black-Ebook, une toute jeune maison d’édition très dynamique qui a hélas fait faillite au bout de trois ans… Il m’a donc fallu repartir au combat mais le travail promotionnel fait par Black-Ebook m’a permis d’acquérir une petite notoriété, notamment sur le web. Entre temps, les éditions du Poutan, avec qui j’avais des liens privilégiés, se sont mis à publier de la fiction et m’ont proposé de publier mon roman.

Voilà, ça a été long et difficile mais je garde tout de même un bon souvenir, particulièrement des moments d’écriture.

  1. Écrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?

L’écriture est une activité d’une grande exigence. Il faut renoncer à pas mal de choses si on veut aller au bout d’un projet. Oublier les week-ends, se terrer chez soi dès qu’on a un peu de temps libre, s’astreindre à une discipline quotidienne. La plupart du temps on a du mal à écrire ce que l’on veut. On recommence dix fois de suite avant d’être à peu près satisfait. C’est un immense plaisir quand on y arrive mais il faut batailler ferme.

  1. Écrire… Avec ou sans péridurale ?

J’essaye d’imaginer l’écriture en douceur. Ce n’est pas tellement possible… Il faut souvent se faire violence pour accoucher de quelque chose de fort, du moins à ses propres yeux. Il y a un gros travail d’introspection, il faut creuser, se malmener un peu, aller chercher des choses assez loin. Bon, ça n’a sans doute rien à voir avec la douleur d’un accouchement et heureusement, mais pour reprendre l’analogie, si on veut vivre à fond le moment mieux vaut écrire sans…

  1. Écrire… Des rituels, des petites manies ?

Toujours le même rituel : je me lève tôt, j’écris un premier jet à la main (environ 500 mots). Puis je saisis ce que j’ai écrit sur ordi en modifiant et en complétant. Je relis à haute voix, je corrige au stylo et je laisse reposer. Le soir, juste avant de m’endormir, je relis mon texte.

  1. Écrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plait dans chacune d’elles ?

L’écriture de nouvelle est plus excitante. Parce qu’il faut souvent aller vite. Il y a la plupart du temps une date limite à respecter. C’est un exercice difficile puisqu’il s’agit en quelque sorte d’écrire un roman très court. J’aime beaucoup travailler sur le rythme, peser chaque mot, chaque virgule.

Le roman est une vraie aventure sur plusieurs mois, voire plusieurs années. On ne sait pas quand ça finira. J’aime qu’une bande de personnages m’attende, chaque matin. Ils deviennent des amis à qui je pense souvent. Je peux me mettre à rire en pleine rue en pensant à une réplique que l’un ou l’autre pourrait balancer.

Le temps de l’écriture on échappe à la tristesse, à la médiocrité. Comme le dit François Sagan dans Derrière l’épaule : « La littérature (…) nous arrachait à tout, nous distrayait de tout, nous mettait au-dessus des mêlées… (…) J’avais l’impression fausse mais vivace que ma vie était là, sur ce gros bateau inventé avec ces héros romanesques, et que le restant de mon existence ne comptait pas ou plus. (…) C’était la première fois que je mesurais la force de l’invention, de l’imagination, ou plus globalement de l’inspiration. »

  1. Votre premier lecteur ?

Moi.

  1. Lire… Peut-on écrire sans lire ?

On peut sûrement, mais on se prive d’un plaisir et d’une source d’inspiration irremplaçables. Pour moi, lire et écrire sont deux activités intimement liées. Lire me donne la force et l’envie d’écrire.

  1. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?

Demande à la poussière de John Fante m’a beaucoup impressionnée et inspirée quand j’ai commencé à écrire et avant lui, Scott Fitzgerald.

Le cinéma est également une belle source d’inspiration, comme les BD ou les séries. Ça permet de se renouveler, de trouver des angles différents pour décrire ce qui nous entoure.

Pour mon polar #Jenaipasportéplainte, ce sont des séries comme Transparent, Orange Is The New Black, Sens8, The Killing, Top of the Lake… qui ont été mes muses, aussi bien pour le fond que pour la forme. J’ai utilisé le même mode narratif fait d’ellipses et de ruptures pour essayer de retranscrire la réalité telle qu’on la vit quand on passe beaucoup de temps sur Internet, Facebook, les jeux video, les smartphones…

  1. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?

Ça m’arrive de temps en temps mais ça ne dure pas trop longtemps heureusement. J’ai trouvé quelques techniques pour y échapper :

Faire de longues balades avec un dictaphone dans la poche.

Relire mes carnets, notes, idées et citations.

Aller au cinéma.

Écrire quotidiennement son journal… quoi qu’il arrive.

Se forcer à rester assise devant son bureau au moins une heure et écrire n’importe quoi, il en sort presque toujours quelque chose.

Éviter le web à tout prix : travailler sur papier ou sur un ordinateur déconnecté, sinon c’est la fuite assurée vers Facebook, YouTube et compagnie…

  1. Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym’us ?

C’est l’occasion de rencontrer des auteurs reconnus, de se mesurer à eux. C’est une motivation pour se dépasser. On n’a plus le choix une fois qu’on s’est engagé, il faut écrire cette nouvelle. J’aime bien ça. Et puis, accessoirement, ça permet de faire la promo de ses romans.

  1. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes?

Oui, sans doute parce qu’on a besoin de regarder la peur en face pour l’exorciser et pour supporter le réel…

  1. Vos projets, votre actualité littéraire ?

Un 3e roman qui fait son chemin. Sans doute un polar.

La sortie prochaine de #Jenaipasportéplainte en version numérique.

Le Salon Lis Thé Ratures fin septembre à Boulogne.

Le salon Des livres en Beaujolais le 19 novembre à Arnas.

  1. Le (s) mot(s) de la fin ?

Relativiser, ne pas se prendre la tête, suivre sa route…

ILLUSTRATION : Il y a quelques temps j’ai fait une signature dans une grande surface du livre. J’ai passé trois heures perdue au milieu des acheteurs qui défilaient sans même me remarquer. Et puis une dame s’est arrêtée et m’a demandé de quoi parlaient mes livres. Elle m’a écouté attentivement et quand j’ai eu terminé elle m’a lancé un regard noir en me disant : « C’est vraiment affreux vos histoires ! » et elle s’est sauvée comme si j’étais contagieuse.

 Interview réalisé en collaboration avec le blog Lila sur sa terrasse

Trophée Anonym’us 2018 : « Les Mots sans les Noms ».

Anonym'us logo

 

Le Trophée Anonym’us vous connaissez ?

Cette année notre blog est associé à la 4e édition du Trophée Ananym’us.

Les 3 années précédentes c’est Collectif Polar : Chronique de nuit qui relayait ce challenge.

Cette année Collectif polar a trop de projet en route, aussi c’est moi, son petit frère qui va assurer l’intérim pour ce 4e Trophée Anomym’us.

 

Le trophée Anonymus’ Qu’est ce que c’est

D’abord baptisé  » Le Thophée des 2M », il a changé de nom dés sa deuxième édition.

La première année, Eric Maravélias (à qui on doit le superbe roman La faux soyeuse), et Benoit Minville (auteur de l’excellent roman ado-adulte Les géants et le non moins bon Rural Noir) ont lancé un concours de nouvelles improvisées. En lice, un groupe d’auteurs Français réunis pour le fun et le plaisir partagé.
Une nouvelle chacun de maximum, 10 pages. Un jury de lecteurs potos. Et.. Ils ont fédéré une bonne vingtaine d’auteurs. Le vainqueur 2015 : Vincent Crouzet, le vainqueur 2017

th (15)La deuxième année Eric Maravélias remet ça avec le même enthousiasme. Le nouveau concours s’appelle dorénavent « Trophée Anonym’us 2016 : « Les Mots sans les Noms ». Il a, à nouveau, été accueilli par le festival « Les Pontons Flingueurs », de René Vuillermoz, à Annecy.

Nous gagions à l’époque alors que cela devienne pérenne. Aujourd’hui il semble que ce soit le cas !

Et bien oui, Eric Maravélias aidé d’Anne Denost se lance dans une nouvelle année.

C’est le départ du Trophée Anonym’us 2017/2018 : « Les Mots sans les Noms ».

ano SON PARRAIN : Ian Manook.
Il a été le premier à répondre présent la première année.

 

 

Podium 2017

Trophée Anonym’us 2017

Colin Niel / Javel
Nils Barrellon / Mort aux cons
Maud Mayeras / Le Parloir
Michel Douard / Parkinson of a bitch
Loser Esteban / Entonnoir

Vous le trouverez toutes les info sur la page facebook  du trophée Anonym’Us

Ou sur le blog :

Le Trophée, c’est quoi ? Une video pour tout comprendre par Nicolas Duplessier

Pour la quatrième année le Trophée Anonym’us revient, avec plein d’auteurs à découvrir, des nouvelles noires ou policières.
Vous préférez lire les nouvelles que les trois pages relatives à la façon dont fonctionne
ce trophée atypique ?
Nicolas Duplessier nous a offert une petite vidéo explicative et ludique.
Alors, ne boudez pas votre plaisir et cliquez sur la vidéo qui vous dit tout sur le Trophée !

LES REGLES : 

Une nouvelle de 20.000 signes maximum, noir ou polar.

Des auteurs vont concourir de façon anonyme pour gagner le trophée. Qu’ils soient connus, reconnus ou des inconnus.

Des cadors édités et des non édités jugés à l’aveugle. Un vote à l’aveugle pour le jury qui ne connaîtra pas le nom des auteurs.

Un Trophée, un buste en argile, réalisé à la main par Eric Maravélias sur FB.

Les trois premiers invités au festival des « Pontons flingueurs », à Annecy, en juin, pour la remise du Trophée.

Début de la 4eme saison :

vendredi 22 septembre 2017

– « Oui je sais j’ai une petite semaine de retard. »

-« Oui je sais ça devient une habitude »

LES PARTICIPANTS : 

Les auteurs en lice édités sont : 

Amélie Antoine
Jean Luc Bizien
Marie-Hélène Branciard
Natacha Calestrémé
Claudine Chollet
Nicolas Duplessier
Sabine Dormond
Jeremy Fel

Sylvain Forge
Stéphane Jolibert
Jess Kaan
Eric Maneval
Luce Marmion

Cloé Mehdi

Fabien Pesty

Yvan Robin
Magali Le Maître
Lou Vernet

********

 


du côté des non-édités :

 

James Osmont
James Osmont
Nouvel auteur
Damien Eleonori
Tara Lennart
Tara Lennart
Véronique Jeandé
Veronique Jeandé

 

Nacer Safsaf
Nacer Safsaf

Voila vous savez tout ce qu’il y a à savoir sur ce super trophée Anonym’us.

Demain je vous propose la première interview, celle du parrain, qui lance l’année 2017/2018

Ensuite ce sera la première nouvelle anonyme.

Et ainsi de suite toutes les semaines durant environ 6 mois.

Un entretien avec un des auteurs participant par Eric Maravélias.

Et une nouvelle anonymes

Alors à très vite

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