PREMIÈRES LIGNE #98, Héloïse, Ophélie Cohen

PREMIÈRES LIGNE #98

Bonjour, ravie de vous retrouver pour un nouveau rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque.

Le concept est très simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.

Je poursuis aujourd’hui avec vous ce nouveau rendez-vous hebdomadaire !

Et merci à Aurélia pour ce challenge.

Le livre en cause

Héloïse, Ophélie Cohen

Enorme coup de coeur

PROLOGUE

Toutes les femmes ont une histoire.

La mienne est plutôt moche.

Ce soir, seule dans la chambre de mon meublé miteux, j’ai décidé de me confier.

Expier mes péchés.

Exorciser la douleur.

Et regarder en face les cadavres que j’ai laissés derrière moi…

Je viens de terminer mon troisième verre. L’alcool anesthésie mes douleurs, mais ce n’est que provisoire, je le sais.

Les violoncelles d’Apocalyptica et la voix de Lauri Ylönon résonnent. Ils bercent ma mélancolie, Bittersweet. Premier acte de l’opéra dramatique de ma vie.

Oublier, pour quelques heures, la déchirure de l’abandon.

Le gouffre qui s’est creusé dans ma poitrine.

Et mes actes, irréparables.

Devant ma psyché, je regarde le reflet de cette personne que je ne reconnais pas. Une jeune femme que l’on dit séduisante et qui a toujours le sourire aux lèvres. Des yeux verts, rieurs. De longs cheveux blonds. Une bouche finement ourlée.

Mais moi je sais ce qui se cache derrière son masque de fraîcheur et de joie de vivre : des cicatrices si profondes qu’elles dégoulinent encore de son malheur et de sa douleur. Des blessures béantes qui suintent et inondent ses yeux de larmes.

Cette nuit, je vais vous o

ffrir un billet pour un aller sans retour dans le passé.

Mon passé…

CHAPITRE 1

Je suis née il y a trente ans.

J’ai poussé mon premier cri, ma mère son dernier.

J’étais préma, comme on dit. J’aurais dû arriver plus tard, mais j’en avais décidé autrement. Déjà fœtus je ne voulais écouter personne, et j’ai mis, pour la première fois, ma vie en danger.

Réanimation, assistance respiratoire, la grande faucheuse a bien failli m’emmener au pays d’où on ne revient jamais.

Or, six semaines après ma naissance, j’étais toujours vivante, malgré les pronostics des médecins. On a décidé de m’appeler Héloïse alors que jusque-là je n’avais été que Elle.

Héloïse parce que cela signifie « bois robuste » en germanique et que je ne voulais pas crever. Pourtant mon père l’avait tellement espéré.

En venant au monde, j’avais tué sa femme, son grand amour, la prunelle de ses yeux. Moi, je n’étais rien d’autre que la chose qui avait pris la vie de celle qu’il aimait.

Enfin, c’est ce que j’ai toujours cru. Pourquoi m’aurait-il abandonnée, sinon ?

Il a quitté l’hôpital le soir de la mort de ma mère.

Je ne sais pas qui il est, si je lui ressemble ou si c’est d’elle que j’ai hérité les traits.

Je ne sais rien de mes origines, en fait.

À la sortie de la maternité, orpheline, j’ai été placée en pouponnière.

Un autre combat a commencé.

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L’exquis cadavre exquis, épisode 60

L’exquis cadavre exquis, épisode 60

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Exquis Cadavre Exquis. Episode 60 Oph

Episode 60

by Oph

EXFILTRATION

 

Après leur entretien avec Dieter, Max et Costes s’engouffrèrent dans leur voiture. Direction Paris. Le déplacement n’avait pas été vain. Les informations obtenues par leur mystérieux contact donnaient le mobile du meurtre de Camille et il était urgent d’en aviser Lerot. Enquêter en free lance c’est bien, mais ils ne pouvaient faire justice eux-mêmes. Bien que souvent border-line, les deux compères voulaient, plus que tout, que les responsables de la mort de leur petite protégée payent pour leur crime.

Cinq sonneries, répondeur… « Chiotte » s’exclama Max en jetant son téléphone sur le tableau de bord.

«- Impossible de joindre Lerot. À quoi lui sert son téléphone puisqu’il ne répond jamais !

Costes lui jeta alors un regard qui voulait tout dire, il mit le contact, passa la première et fit crisser les pneus en quittant le parking de Der listige Fuchs. Dans 10 heures ils seraient de retour dans la Capitale, peut-être moins. Si d’ici là Lerot ne donnait pas signe de vie, ils se rendraient directement dans le bureau du juge Fabre.

 

******

 

Quand Carole avait reçu l’appel de sa mère, il lui avait fallu quelques secondes pour réaliser qu’elle ne rêvait pas… Alors qu’elle la visitait régulièrement, elle ne semblait pourtant pas la reconnaître. Que s’était-il passé ? Comment était-elle sortie de ce brouillard qui semblait la dévorer depuis son internement ? Il serait temps de lui poser ces questions quand elle l’aurait rejointe. En attendant, il fallait la sortir de cet univers de blouses blanches et la rapatrier ici, à ses côtés. Là-bas, elle était en danger, même si ce porc de Lalande était mort, Blanchard courait toujours…

 

«  Grand-frère ? C’est moi… Je vais encore avoir besoin de ton aide.

– Je t’écoute.

– Ma mère m’a appelée…

– Quoi ?

– Oui, elle est sortie des vapes et se souvient de tout. On ne peut pas la laisser là-bas, elle est en danger. Il faut la ramener près de moi, ici elle sera en sécurité.

– Je suppose que tu veux que j’aille « l’enlever » ?

– Tu veux bien ?

– Je m’en occupe. »

 

Après avoir raccroché, le « grand-frère » prit la direction de l’hôpital psychiatrique.

Laure écarquilla les yeux.

« Toi ?

– C’est Carole qui m’envoie. Elle veut que je te ramène près d’elle. Maintenant que tu as retrouvé tes esprits, tu es une menace pour Blanchard. Je t’emmène auprès de ta fille.

– Carole sait-elle qui tu es vraiment ?

– Non, je ne lui ai rien dit. »

 

Laure se leva et embrassa l’homme que sa fille lui avait envoyé.

Quand, quatre ans plus tôt, Laure avait pris conscience du danger que Lalande représentait pour ses filles, elle avait contacté Eric, frère de son défunt mari. Militaire de carrière, Eric passait son temps en OPEX. Les jumelles avaient entendu parler de tonton Rico mais ne l’avaient jamais rencontré. Le jour de l’accident de Carole, Eric la suivait de loin. C’est ce qui avait sauvé la vie de la jeune femme. Il avait choisi de ne pas en parler à Laure tant que Carole n’avait pas recouvré la mémoire et la santé après l’accident. Il souhaitait préserver sa belle-sœur. Malheureusement, il ne se doutait pas que Laure sombrerait dans la folie.

 

Profitant du changement de service et de la baisse de vigilance du personnel de l’hôpital, Eric et Laure quittèrent les lieux sans se retourner. Direction l’Espagne. Il était temps de recomposer ce qu’il restait de leur famille et de faire la lumière sur la mort de Camille.

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