Trophée Anonym’us : L’interview de la semaine : Sacha Erbel

mercredi 21 novembre 2018

L’interview de la semaine : Sacha Erbel

Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.

 

Aujourd’hui l’interview de Sacha Erbel

 
1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l’écriture, histoire d’être le plus réaliste possible ?
Bande de psychopathes !
Est-ce-que tu veux parler des expériences que je fais dans ma cave ? Muhahaha !…
2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Euhhh…
3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Hannibal Lecter ! J’aimerais beaucoup connaître cette fameuse recette du foie et des fèves au beurre !
4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
La télékinésie. Je trouve que ça en jette ! Je suis déjà en net progrès avec les portes coulissantes du supermarché !
5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n’avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)
Mdr ! Carrément ! C’est tellement génial d’imaginer sa propre histoire et de la mettre en forme ! De se tirer les cheveux par moment, mais quand tu écris le mot fin, c’est magique !
6. Quel a été l’élément déclencheur de ton désir d’écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
A force de lire des thrillers, je me suis dit que j’aimerais avoir l’imagination pour en écrire moi-même. Et mon mari m’a dit : « Bah fais-le ! »
7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l’encre bleue de l’écriture ?
Je pense que oui, et même parfois, sans que l’auteur n’en ait conscience ! C’est ça qui est dingue !
8. Penses tu qu’autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym’us, il fallait publier des livres sous couvert d’anonymat, en écrirais-tu ?
Et pourquoi pas ? C’est le plaisir d’écrire déjà. Et Anonyme, avec la série des Bourbon Kid le fait bien lui ! En revanche, ce qui me manquerait, c’est de ne pas avoir ces échanges et ces moments de rigolades avec les lecteurs et les auteurs !
9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
Parce que se plonger dans la tête d’un psychopathe juste un petit peu pour écrire une histoire, c’est bon ça ! Et savoir qu’on peut en sortir quand on a fini ! Mais quand tu vois les faits divers, tu te dis « ah ouais, nan, je suis vraiment pas psychopathe ! »
10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Quand j’ai l’inspiration ! Mais pour répondre plus sérieusement, je n’ai pas de rituel ou de moment préféré pour écrire ! C’est où je peux et quand je peux !
11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Le Bourbon Kid justement ! Un personnage très sombre et rock à la fois ! J’adore ! Mais avec des failles dont un ami pourrait se servir pour lui montrer que tout n’est pas noir !
12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
Franchement, je n’en ai aucune idée ! J’en ajoute plus que je n’en enlève je pense ! Pour affiner une idée ! Si le lecteur ne comprend pas ce que j’ai voulu dire, c’est que je l’ai mal exprimée ! Alors je change des phrases car mon but, je ne sais pas si j’y arrive, en tout cas j’essaye, c’est que le lecteur voit ce que je vois quand je décris un lieu ou un sentiment même !
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L’exquis cadavre exquis, épisode 50

L’exquis cadavre exquis, épisode 50

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

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Episode 50

by Sacha Erbel

Faut pas pousser Mémé dans les orties

 

Deux fois en une semaine qu’on tentait de la tuer.

Valérie Rémini peste dans sa chambre d’hôpital alors qu’elle remballe ses affaires. L’équipe médicale avait fait du super boulot pour la remettre sur pieds en un minimum de temps, compte tenu de son état.

Un regain d’énergie la submerge, accompagné d’une forte, très forte envie d’en découdre. « Faut pas pousser Mémé dans les orties, hein ? Ça va chier maintenant ! »

                        – Qu’est-ce-que vous dites ?

Le médecin vient d’entrer dans la chambre alors qu’elle tourne le dos à la porte. Valérie fait un bond et lui fait face, surprise.

                        – Oh, désolée docteur ! Je parle toute seule. Merci encore pour tout ce que vous avez fait ! Me sauver la vie deux fois, j’veux dire ! Mais là faut que je parte, j’ai du boulot !

                        – Comment ça du boulot ? Vous devez vous reposer !

Valérie ferme son sac de voyage, attrape les deux anses et serre la main du médecin.

                        – Promis ! Dès que je peux !

*****

Valérie a bien l’intention de reprendre l’enquête là où elle l’a laissée. Première chose, appeler Sebastián. Il n’est même pas venu la voir pendant son hospitalisation. Elle qui pensait que… pfff… ! N’importe quoi. Arrête de te faire des films, Valérie !

Elle appelle un taxi à la sortie de l’hôpital et en attendant, compose le numéro de son collègue. Ça sonne même pas. Fait chier ! Elle lui laisse un message incendiaire, puis appelle Pichon. Il répond au bout de quatre sonneries. Valérie fulmine alors qu’elle s’engouffre dans le taxi en grimaçant. Des restes de sa blessure.

                        – Merde, qu’est-ce-que tu fous, Pichon ?

                        – Rémini ? Te voilà revenue d’entre les morts ? C’est Lebel à l’appareil. Pichon est en train de conduire !

                        – Lebel ? Bordel, depuis quand t’es sur cette enquête, toi ? J’entends le deux tons, vous allez où ?

                        – On vient d’avoir des nouvelles de Lerot par la BRI. Il a demandé leur intervention à proximité du HP. On n’a pas encore tous les éléments, mais on verra ça sur place avec le Juge Fabre.

                        – Le Juge Fabre ? C’est quoi ce délire ?

                        – T’as qu’à nous rejoindre ! Faut que je te laisse.

                        – Ouais c’est ça ! J’arrive.

Valérie raccroche. Elle a besoin de se sentir de nouveau dans l’action. Un terrible mal de crâne la prend d’un coup. Elle se concentre sur autre chose que la douleur, en se massant les tempes. Et… Bon sang ! Sa conversation avec Laure Longchamp. Comment elle a pu oublier ça ! Elle tournait en boucle la pauvre femme et répétait la même phrase : « Carole est magicienne, vous savez ! Elle vient souvent me voir. »

Valérie indique brusquement un changement de direction au chauffeur de taxi. A nous deux, Lalande. Tu vas parler maintenant.