PREMIÈRES LIGNE #48 : Le labyrinthe de Pan

PREMIÈRES LIGNE #48

Bonjour, ravie de vous retrouver pour un nouveau rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque.

Le concept est très simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.

Je poursuis aujourd’hui avec vous ce nouveau rendez-vous hebdomadaire !

Et merci à Aurélia pour ce challenge.

Le livre en cause

Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro et Cornelia Funke

PROLOGUE

On raconte que, il y a de cela fort longtemps, dans un royaume souterrain qui ne connaissait ni le mensonge ni la douleur, une princesse rêvait au monde des humains. La princesse Moanna rêvait de ciels bleus, d’océans de nuages ; elle rêvait d’herbe, de soleil et du goût de la pluie. Si bien qu’un jour elle faussa compagnie à ses gardes et découvrit notre monde. Le soleil effaça bientôt tous ses souvenirs, jusqu’à ce qu’elle oublie qui elle était, d’où elle venait. Elle erra, souffrit du froid, de la maladie, endura mille maux. Enfin, elle mourut.

Son père, le roi, refusa d’abandonner les recherches. Il savait que l’esprit de Moanna était immortel ; il espérait plus que tout le revoir un jour.

Dans un autre corps, une autre époque. Un autre lieu peut-être.

Il attendrait.

Jusqu’à son dernier souffle.

Jusqu’à la fin des temps.

1

LA FORÊT ET LA FÉE

Il était une fois, dans le nord de l’Espagne, une forêt si ancienne qu’elle connaissait des histoires oubliées des hommes depuis longtemps. Les arbres s’ancraient si profondément dans le sol tapissé de mousse que leurs racines s’enroulaient aux ossements des morts, tandis que leurs branches tutoyaient les étoiles.

Tant de choses sont perdues, murmuraient les feuilles sur le passage des trois berlines noires qui empruntaient ce chemin de terre bordé de fougères.

Mais tout ce qui est perdu peut être retrouvé, chuchotaient les arbres.

On était en 1944, et la jeune fille assise à l’arrière d’une des voitures, à côté de sa mère enceinte, ne comprenait pas ce que soufflaient les arbres. Bien qu’âgée d’à peine treize ans, Ofelia ne connaissait que trop bien le sens du verbe « perdre ». Son père était mort voilà un an et il lui manquait si fort que, parfois, son cœur lui faisait l’effet d’un coffret vide où ne restait que l’écho de sa peine. Elle se demandait souvent si sa mère souffrait elle aussi, sans jamais lire hélas le moindre indice sur son visage pâle.

« Blanche comme la neige, rouge comme le sang, noire comme le charbon, aimait à répéter son père d’une voix où perçait toute sa tendresse lorsqu’il regardait sa femme. Tu lui ressembles tellement, Ofelia. » Perdu.

Elles roulaient depuis des heures, laissant derrière elles tout ce qu’elles connaissaient, s’enfonçaient dans cette interminable forêt, pour aller trouver le nouveau père que sa mère lui avait choisi. Ofelia le surnommait « le Loup » et préférait le chasser de ses pensées. Quand bien même les arbres semblaient murmurer son nom.

L’adolescente n’avait pu emporter avec elle que quelques livres. Elle en avait d’ailleurs un posé sur les cuisses, dont elle caressait la couverture. Quand elle l’ouvrit, le blanc des pages sembla éclairer les ombres qui emplissaient la forêt, et les mots lui procurèrent un refuge, du réconfort. Les lettres étaient comme des empreintes dans la neige, un immense paysage blanc épargné par la douleur, par des souvenirs trop sombres pour être conservés, trop doux pour être abandonnés.

– Pourquoi as-tu pris tous ces livres, Ofelia ? Nous nous installons à la campagne, enfin !

Le voyage en voiture avait encore pâli les traits de sa mère. La voiture, et l’enfant qu’elle portait. Elle arracha le livre des mains de sa fille ; les paroles apaisantes se turent.

– Tu as passé l’âge de lire des contes de fées ! Tâche plutôt d’observer le monde qui t’entoure !

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Auteur : Collectif Polar : chronique de nuit

Simple bibliothécaire férue de toutes les littératures policières et de l'imaginaire.

5 réflexions sur « PREMIÈRES LIGNE #48 : Le labyrinthe de Pan »

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